Marc Jimenez, “Qu’est-ce que l’esthétique ?”

Une bonne vision globale de ce que c’est l’esthétique.

Au contraire de ce qu’on peut penser de son titre, ce n’est pas un livre de vulgarisation.

Ce livre présente les différentes théories concernant l’esthétique, depuis les grecs jusqu’à nos jours. Ce qui m’a le plus passionné dans ce livre est la présentation successive des théories élaborées par des philosophes tels Kant, Hegel, Nietszche, Marx, Freud, Arthur Danto, Adorno, … D’une part, ces théories sont “difficiles à digérer” dans leurs textes originaux et, d’autre part, ce livre montre pourquoi on est passé d’une à l’autre, tout en les mettant dans le contexte de l’art de l’époque. Les commentaires et critiques m’ont paru sans parti pris.

Par exemple, j’ai pu lire “Transfiguration du banal” d’Arthur Danto, livre très intéressant, mais dont la lecture aurait probablement été plus profitable si lu après ce livre.

Les concepts ne sont pas évidents pour le scientifique que je suis et certains paragraphes j’ai du lire deux fois. Mais la lecture est très facile.

Pour ceux qui, comme moi, ont l’habitude d’aborder d’un sujet par une vision globale avant les détails les plus intéressants, c’est un livre parfait. Je le lirai très certainement une deuxième fois dans quelque temps.

Quatrième de couverture

L’esthétique est une fois encore à l’ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d’en découdre avec la fin proclamée de l’Art, tient pour évident l’objet de cette discipline.

Or, l’esthétique est relativement récente : la réflexion sur l’art est une histoire parallèle à celle de rationalité. Marc Jimenez en retrace ici de développement.

C’est au siècle des Lumières que l’esthétique s’autonomise, qu’elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s‘ouvrent des voies diverses : la science du Beau (Kunstwissenschaft) n’est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l’Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D’où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche; le tournant politique de l’esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment); le tournant culturel de l’esthétique (Goodman, Danto, etc.).