Edward Bernays, “Propaganda”

Intérêt plutôt historique

On commence la lecture par une introduction de 20 pages par Normand Baillargeon, écrite en 2007. Grosso modo, il positionne historiquement le contexte du livre et raconte partie de la vie de Bernays, en ce qui concerne le sujet du livre.

Sur le contenu… il faut, tout d’abord, tenir compte du fait qu’il a été écrit en 1928. Il n’y a rien d’étonnant, de nos jours, dans ce qui est dit dans le livre. Par ailleurs, même le sous titre “Comment manipuler l’opinion en démocratie” ne me semble pas adéquat. Actuellement, la manipulation par la propagande se fait de façon bien plus insidieuse. C’est le progrès. Bernays a posé les bases.

Pour bien comprendre ce livre, il faut se considérer dans le contexte de 1928 : la fin de la première grande guerre, les moyens de communication étaient surtout la radio, la presse écrite, le cinéma de l’époque, les images (photo) étaient surtout en noir et blanc, … Et même la radio et le cinéma n’étaient pas accessibles à tout le monde. La photo de la couverture du livre me semble plus récente, …

Ce livre marque un tournant dans la communication, puisque c’est à partir de cette époque, et pas juste ce livre de Edward Bernays, que l’on va essayer d’optimiser la communication entre les deux parties concernées par la publicité : le producteur et le consommateur. Il n’est pas dit, mais on comprend bien que le contenu et la forme de la publicité sont conçu non plus par ce que l’auteur veut transmettre mais par ce qui fera l’effet le plus fort sur la cible. Il est fort probable que le fait que Bernays était neveu de Freud lui a aidé dans la mise en place de ce mécanisme.

Bernays répète souvent des mots tels : éthique, fidélité, réalité, vérité, honnêteté, … Il est bien possible qu’à l’époque de l’écriture du livre c’était bien le cas mais, on sait, de nos jours, que certaines des interventions de Edward Bernays peuvent nous choquer d’un point de vue éthique.

Edward Bernays s’est inspiré aussi du livre “Foules Psychologiques” de Gustave Le Bon, écrit en 1895 et dont le sujet est justement la manipulation de masses. On sait aussi que Joseph Goebbels, ministre de la propagande du III Reich, a lu des livres de Edward Bernays.

Quatrième de couverture

Un document édifiant où l’on apprend que la propagande politique au XXe siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au coeur même de la démocratie libérale américaine.