{"id":1792,"date":"2021-11-09T19:24:14","date_gmt":"2021-11-09T18:24:14","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=1792"},"modified":"2021-11-27T22:11:48","modified_gmt":"2021-11-27T21:11:48","slug":"ruwen-ogien-un-portrait-logique-et-moral-de-la-haine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2021\/11\/09\/ruwen-ogien-un-portrait-logique-et-moral-de-la-haine\/","title":{"rendered":"Ruwen Ogien &#8211; Un portrait logique et moral de la haine"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1794 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/RuwenOgien-PortraitLogiqueEtMoralDeLaHaine.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"290\" \/>Un petit bouquin de moins de 60 pages qui contient bien ce que dit le nom : une analyse logique de la haine.<\/p>\n<p>Sentiment pas vraiment \u00e9vident \u00e0 d\u00e9finir, quelque peu diff\u00e9rent de la conception courante.<\/p>\n<p>On apprend que ce sentiment est toujours mauvais, au contraire de l&rsquo;amour. Il n&rsquo;existe pas de bonne haine.<\/p>\n<p>Ruwen Ogien nous prend par la main pour montrer, dans un cheminement philosophique, les particularit\u00e9s de la haine par rapport \u00e0 la col\u00e8re et en opposition \u00e0 l&rsquo;amour.<\/p>\n<p>Ce livre peut \u00eatre presque r\u00e9sum\u00e9 par les deux citations.<\/p>\n<p>Cette \u00e9dition a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite en 1993 et qu&rsquo;il existe une \u00e9dition plus r\u00e9cente, de 2017, et dont les mises \u00e0 jour de sa pens\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es dans la pr\u00e9face.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p.26-27)<\/p>\n<blockquote><p><em>La haine n&rsquo;est pas un exc\u00e8s de col\u00e8re, c&rsquo;est tout autre chose que la col\u00e8re.<\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>La col\u00e8re r\u00e9sulte d&rsquo;offenses directes faites \u00e0 notre personne alors que la haine peut \u00eatre \u00e9prouv\u00e9e sans qu&rsquo;aucune offense personnelle n&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 subie;<\/em><\/li>\n<li><em>La col\u00e8re s&rsquo;attaque toujours \u00e0 un individu, par exemple \u00e0 Callias ou \u00e0 Socrate; la haine peut viser toute une classe d&rsquo;individus (les voleurs, les sycophantes, etc.).<\/em><\/li>\n<li><em>Le temps peut gu\u00e9rir la col\u00e8re, la haine est incurable.<\/em><\/li>\n<li><em>La col\u00e8re est un d\u00e9sir de causer du chagrin; la haine, un d\u00e9sir de faire du tort.<\/em><\/li>\n<li><em>Le col\u00e9reux veut \u00eatre t\u00e9moin de la peine qu&rsquo;il inflige; le haineux ne s&rsquo;en soucie pas.<\/em><\/li>\n<li><em>Le col\u00e9reux est dans une certaine relation au plaisir et \u00e0 la peine (on ressent de la peine et du plaisir lorsqu&rsquo;on est en col\u00e8re). Mais le haineux ne ressent ni plaisir, ni peine (et s&rsquo;il ne ressent pas de peine, c&rsquo;est qu&rsquo;il est plus proche du mal car le vicieux ne ressent pas de peine en agissant mal et les plus grands vices sont ceux dont on al le moins conscience).<\/em><\/li>\n<li><em>Du fait que le col\u00e9reux est dans la demeure du plaisir et de la peine, il peut aussi \u00eatre saisi de piti\u00e9 et renoncer \u00e0 infliger une souffrance. Le haineux n&rsquo;a aucune raison de renoncer.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Conclusion : le col\u00e9reux veut que celui qui a occasionn\u00e9 sa souffrance \u00e9prouve de la peine en retour. Le haineux, de son c\u00f4t\u00e9, est indiff\u00e9rent \u00e0 cette souffrance. Ce qu&rsquo;il veut seulement (seulement!), c&rsquo;est que l&rsquo;objet de sa haine cesse d&rsquo;exister.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 29)<\/p>\n<blockquote><p><em>On s&rsquo;indigne justement lorsque quelqu&rsquo;un re\u00e7oit une r\u00e9compense imm\u00e9rit\u00e9e ou qu&rsquo;il subit des souffrances injustifi\u00e9es. Par opposition, le haineux serait celui qui se r\u00e9jouit lorsque quelqu&rsquo;un subit des souffrances injustes et s&rsquo;attriste lorsqu&rsquo;il re\u00e7oit des r\u00e9compenses m\u00e9rit\u00e9es.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Qu&rsquo;est-ce que la haine ? Est-elle \u00a0\u00bb irrationnelle \u00a0\u00bb ? Peut-elle \u00eatre bonne ? Et peut-on en parler sans c\u00e9der \u00e0 l&rsquo;in\u00e9vitable pathos que semble appeler ce genre de sujet ? Face aux questions que pose la haine, les exemples se bousculent pour attester ce qu&rsquo;il y a de ha\u00efssable, tant\u00f4t dans la haine elle-m\u00eame, tant\u00f4t dans ce que nous n&rsquo;aimons pas, comme si la nature de nos haines, leur objet, n&rsquo;en commandait pas seulement les causes, mais aussi les raisons ou l&rsquo;absence de raisons. Au risque d&rsquo;ent\u00e9riner le paradoxe que la haine est \u00e0 elle-m\u00eame, Ruwen Ogien montre ici que la haine est une \u00ab\u00a0relation\u00a0\u00bb qui poss\u00e8de sa \u00ab\u00a0logique\u00a0\u00bb et que \u00a0\u00bb si la haine est r\u00e9pugnante, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;elle est irrationnelle \u00ab\u00a0, mais parce qu&rsquo;elle est intrins\u00e8quement mauvaise.<\/p>\n<p>Ruwen Ogien est l&rsquo;auteur d&rsquo;une th\u00e8se sur la faiblesse de la volont\u00e9 et de plusieurs articles consacr\u00e9s aux questions d&rsquo;\u00e9thique en philosophie analytique. Il est aussi le traducteur du livre de Thomas Nagel : \u00ab\u00a0<em>Qu&rsquo;est-ce que tout cela veut dire ?\u00a0\u00bb (L&rsquo;\u00e9clat, 1993)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un petit bouquin de moins de 60 pages qui contient bien ce que dit le nom : une analyse logique de la haine. Sentiment pas vraiment \u00e9vident \u00e0 d\u00e9finir, quelque peu diff\u00e9rent de la conception courante. 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