{"id":1853,"date":"2021-12-03T12:47:16","date_gmt":"2021-12-03T11:47:16","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=1853"},"modified":"2021-12-04T00:25:38","modified_gmt":"2021-12-03T23:25:38","slug":"arnaud-de-la-croix-lerotisme-au-moyen-age","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2021\/12\/03\/arnaud-de-la-croix-lerotisme-au-moyen-age\/","title":{"rendered":"Arnaud de la Croix &#8211; L&rsquo;\u00c9rotisme au Moyen \u00c2ge"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1855 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/ArnaudDeLaCroix-LErotismeAuMoyenAge-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/ArnaudDeLaCroix-LErotismeAuMoyenAge-200x300.jpg 200w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/ArnaudDeLaCroix-LErotismeAuMoyenAge.jpg 333w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/>Petit livre int\u00e9ressant qui m&rsquo;apprends les habitudes de la soci\u00e9t\u00e9 en ce qui concerne l&rsquo;\u00e9rotisme et quelques pratiques sexuelles.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord les classes plus \u00e9lev\u00e9es, la noblesse, &#8230; on pratiquait le \u00ab\u00a0amour courtois\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00e9poque des troubadours&#8230; Un jeu de s\u00e9duction par des chansons ou des po\u00e8mes ou des lettres, o\u00f9 les cibles \u00e9taient souvent des femmes mari\u00e9es. Aucun scrupule \u00e0 les s\u00e9duire.<\/p>\n<p>L&rsquo;adult\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait m\u00eame pas condamn\u00e9. Le mariage \u00e9tait plut\u00f4t destin\u00e9 \u00e0 donner aux \u00e9poux une situation sociale et \u00e0 la procr\u00e9ation. La notion d&rsquo;amour entre homme et femme n&rsquo;\u00e9tait pas celui d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qui par ailleurs on ne sait toujours pas ce que c&rsquo;est&#8230;<\/p>\n<p>Ce jeu de s\u00e9duction \u00e9tait souvent tr\u00e8s long, avec des contacts physiques interm\u00e9diaires, des attouchements r\u00e9ciproques, sans aller jusqu&rsquo;au bout.<\/p>\n<p>Dans les classes populaires, l&rsquo;\u00e9poque des \u00ab\u00a0fabliaux\u00a0\u00bb, des \u00e9crits obsc\u00e8nes qui pourraient ressembler \u00e0 ceux de Guillaume Apollinaire &#8211; des mots crus (con, vit, &#8230;). Mais les fabliaux ne parlent pas d&rsquo;amour mais d&rsquo;ardeur amoureuse s&rsquo;inscrivant toujours dans un sc\u00e9nario, ressemblant une fable ou une le\u00e7on.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur compare les fabliaux et la pornographie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne les mettant pas dans le m\u00eame plan. La diff\u00e9rence premi\u00e8re est l&rsquo;absence d&rsquo;histoire dans la pornographie, ou juste un minimum pour justifier une suite interminable de p\u00e9n\u00e9trations, alors que dans les fabliaux, il y a un peu plus de contexte et de sensualit\u00e9 dans les actes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un livre exigeant un peu d&rsquo;effort de lecture (l&rsquo;auteur est unphilosophe) mais dont le \u00ab\u00a0jeu en vaut la chandelle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 11)<\/p>\n<blockquote><p>Parler d&rsquo;\u00e9rotisme au sujet de ces dix si\u00e8cles, du Ve au XVe, qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude de nommer m\u00e9di\u00e9vaux, c&rsquo;est, disons-le pour commencer, commettre un anachronisme linguistique.<\/p>\n<p>Le mot, d\u00e9riv\u00e9 du grec \u00c9ros, nom du dieu de l&rsquo;amour et du d\u00e9sir, n&rsquo;appara\u00eet pas au Moyen \u00c2ge. C&rsquo;est, en langue fran\u00e7aise, une cr\u00e9ation du milieu du XVIe si\u00e8cle, qui ne prendra le sens contemporain de ce qui a trait au plaisir et au d\u00e9sir sexuel qu&rsquo;\u00e0 la fin du XVIIIe.<\/p>\n<p>Mais ce que terme \u00e9voque se d\u00e9veloppe largement pendant le mill\u00e9naire que compte le Moyen \u00c2ge.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 70)<\/p>\n<blockquote><p>Enfin, lorsque, au bout de l&rsquo;\u00e9chelle sociale, le dialogue final fait s&rsquo;affronter un grand seigneur et une dame de la haute noblesse, il s&rsquo;av\u00e8re tout \u00e0 coup que le grand seigneur en question n&rsquo;est autre&#8230; qu&rsquo;un clerc : \u00ab\u00a0Si je demande \u00e0 une femme de m&rsquo;aimer elle ne peut me repousser sous pr\u00e9texte que je suis un homme d&rsquo;\u00c9glise; bien plus, je vous prouverai de fa\u00e7on irr\u00e9futable qu&rsquo;il vaut mieux aimer un clerc qu&rsquo;un la\u00efc (&#8230;) car on sait que rien n&rsquo;est plus n\u00e9cessaire sur cette terre que d&rsquo;\u00eatre vers\u00e9 dans la technique de tout ce qui touche \u00e0 l&rsquo;amour.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>(p.117)<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Elle commence \u00e0 le lisser;<br \/>\nRosette le prend dans les mains,<br \/>\nsans en concevoir mille malice.<br \/>\nDoucement elle l&rsquo;\u00e9treint et le masse,<br \/>\net le vit dresse le cou dans sa main.\u00a0\u00bb<br \/>\nDouin de Lavesne, \u00ab\u00a0Trubert\u00a0\u00bb, trad. L.Rossi, p501<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 122-123)<\/p>\n<blockquote><p>Cette litt\u00e9rature du peuple m\u00e9di\u00e9val peut donc t\u00e9moigner de la conception de la sexualit\u00e9 que se faisait ce peuple, loin des prescriptions th\u00e9ologiques ou des raffinements de l&rsquo;amour courtois. N&rsquo;en d\u00e9plaise au clerc Andr\u00e9 Le Chapelain, qui d\u00e9conseillait d&rsquo;initier les paysans \u00e0 l&rsquo;art d&rsquo;aimer, la sexualit\u00e9 des vilains, \u00e0 lire les fabliaux, les pr\u00e9occupe tout autant qu&rsquo;elle travaille les guerriers&#8230; ou les clercs. L&rsquo;adult\u00e8re est de mise, ici aussi, mais parce que les jeunes valets et surtout les pr\u00eatres apparaissent plus disponibles et plus amoureux que bien des maris. Sans parler de la taille de leur sexe : \u00ab\u00a0Il y a plus grand que vous n&rsquo;avez et plus gros, sachez-le bien!\u00a0\u00bb, fait remarquer l&rsquo;\u00e9pouse de ma\u00eetre Picon \u00e0 ce dernier.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 143)<\/p>\n<blockquote><p>Les libertins du XVIIIe si\u00e8cle, Sade en t\u00eate, confondent sexualit\u00e9 et agression : ce n&rsquo;est jamais que la conqu\u00eate ovidienne de la proie par son s\u00e9ducteur, revisit\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ses ultimes cons\u00e9quences.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Moyen \u00e2ge et \u00e9rotisme : les deux termes paraissent contradictoires. Ils ne le sont pas. La civilisation m\u00e9di\u00e9vale, tax\u00e9e \u00e0 tort d&rsquo;obscurantisme, fut extr\u00eamement inventive dans les domaines du d\u00e9sir et de la sexualit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du XIe si\u00e8cle, les premiers troubadours chantent la sensualit\u00e9, la femme, l&rsquo;adult\u00e8re, et influencent progressivement les comportements amoureux en Occident, en rupture avec l&rsquo;h\u00e9ritage antique. Au XIIIe si\u00e8cle, le Roman de la Rose signe avec \u00e9clat la fin du grand r\u00eave courtois et, dans les fabliaux, le sexe s&rsquo;affiche cr\u00fbment. Nombre de sculptures figurent l&rsquo;obsc\u00e9nit\u00e9, tandis que les rites carnavalesques \u00e9voquent une sexualit\u00e9 pulsionnelle, li\u00e9e \u00e0 des traditions populaires tr\u00e8s peu chr\u00e9tiennes. En d\u00e9finitive, l&rsquo;\u00e9rotisme m\u00e9di\u00e9val, riche et contrast\u00e9, ne cesse de nous surprendre et de nous interroger. C&rsquo;est un grand et beau sujet dont l&rsquo;histoire n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9crite.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Petit livre int\u00e9ressant qui m&rsquo;apprends les habitudes de la soci\u00e9t\u00e9 en ce qui concerne l&rsquo;\u00e9rotisme et quelques pratiques sexuelles. D&rsquo;abord les classes plus \u00e9lev\u00e9es, la noblesse, &#8230; on pratiquait le \u00ab\u00a0amour courtois\u00a0\u00bb. 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