{"id":1910,"date":"2021-12-22T19:58:47","date_gmt":"2021-12-22T18:58:47","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=1910"},"modified":"2021-12-22T19:59:26","modified_gmt":"2021-12-22T18:59:26","slug":"joseph-kessel-jugements-derniers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2021\/12\/22\/joseph-kessel-jugements-derniers\/","title":{"rendered":"Joseph Kessel &#8211; Jugements derniers"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1912 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/JosephKessel-JugementsDerniers-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/JosephKessel-JugementsDerniers-200x300.jpg 200w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/JosephKessel-JugementsDerniers.jpg 333w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<p>C&rsquo;est le compte rendu de trois grand jugements &#8211; P\u00e9tain, Nuremberg et Alfred Eichmann &#8211; \u00e9crits par Joseph Kessel, en tant que journaliste. Vaut la peine rappeler que, en plus de journaliste, Kessel \u00e9tait aussi r\u00e9sistant et juif.<\/p>\n<p>M\u00eame si, \u00e0 l&rsquo;exception du pr\u00e9face, le contenu tout entier a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Joseph Kessel, on remarque bien la changement de style entre les diff\u00e9rents jugements. Il s&rsquo;agissait, au d\u00e9part, des deux premiers jugements, assembl\u00e9s par Francis Lacassin (qui a aussi \u00e9crit la pr\u00e9face), auxquels a \u00e9t\u00e9 rajout\u00e9 le r\u00e9cit du jugement de Eichmann.<\/p>\n<p>Ces chroniques sont parues dans les journaux de l&rsquo;\u00e9poque, puis rassembl\u00e9s dans des livres : \u00ab\u00a0Les instants de v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Terre d&rsquo;amour et de feu. Isra\u00ebl, 1926-1961\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0L&rsquo;heure des ch\u00e2timents\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie (P\u00e9tain), il s&rsquo;agit d&rsquo;un r\u00e9cit du jugement, jour par jour. Kessel ne rentre pas trop dans les d\u00e9tails des discussions. C&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t une chronique. Kessel se montre un fin observateur des r\u00e9actions des uns et des autres, rapportant les sauts d&rsquo;humeur de P\u00e9tain, son parfois agacement avec les photographes, la position de ses mains, &#8230; et la r\u00e9action finale de P\u00e9tain lorsqu&rsquo;il apprend qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 mort.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me partie, Jugement de Nuremberg, se sont des fragments pas n\u00e9cessairement dans l&rsquo;ordre chronologique. L\u00e0 encore, ce qui ressort est surtout le c\u00f4t\u00e9 observateur de Joseph Kessel. C&rsquo;est presque comme si, tout en connaissant le but du jugement, il faisait abstraction de ce qui se passait pour ne faire qu&rsquo;observer le comportement des uns et des autres.<\/p>\n<p>Dans la troisi\u00e8me partie, bien plus longue, Joseph Kessel entre dans le d\u00e9tail du contenu des d\u00e9bats, la strat\u00e9gie de d\u00e9fense de Eichmann, l&rsquo;attaque du Procureur, &#8230; Comme avant, il observe attentivement le comportement de l&rsquo;accus\u00e9, mais aussi du pr\u00e9sident de la cour e du procureur. Si dans les deux premiers jugements Joseph Kessel se montrait presque neutre dans celui-ci il d\u00e9montre, beaucoup plus, prendre parti de l&rsquo;accusation. Ceci n&rsquo;est pas une critique, mais juste une remarque &#8211; m\u00eame sans le recul que nous avons aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;imagine qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque on ne pourrait pas penser autrement.<\/p>\n<p>Finalement, c&rsquo;est un livre de 250 pages qui parle de trois historiques. On ne peut pas s&rsquo;attendre un r\u00e9cit complet, mais il n&rsquo;est pas int\u00e9ressant. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un r\u00e9cit \u00e9crit pas un historien, mais un r\u00e9cit d&rsquo;un journaliste rapportant ses impressions sur le moment, un journaliste qui \u00e9tait un fin observateur.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p.101-103)<\/p>\n<blockquote><p>Le premier pr\u00e9sident Mongibeaux, sa toque sur la t\u00eate, commence la lecture des attendus.<\/p>\n<p>Elle va durer vingt minutes. Vingt minutes interminables. Vingt minutes au cours desquelles la voix impassible, impitoyable cite une \u00e0 une les fautes, les d\u00e9faillances, les trahisons retenues par la Haute Cour.<\/p>\n<p>D\u00e8s le premier instant, d\u00e8s que le pr\u00e9sident Mongibeaux a d\u00e9sign\u00e9 l&rsquo;accus\u00e9 par son seul nom, d\u00e8s qu&rsquo;il a dit : \u00ab\u00a0P\u00e9tain\u00a0\u00bb tout court, chacun, dans la salle, o\u00f9 le silence est soud\u00e9 comme un bloc, chacun a compris \u00e0 quelle sentence vont mener tous ces alin\u00e9as, tous ces paragraphes.<\/p>\n<p>&#8230;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-1914\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/JosephKessel-JugementsDerniers-Petain.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"215\" \/>Il touchait son k\u00e9pi d&rsquo;or et de gloire d&rsquo;un mouvement nerveux. Il caressait impatiemment le bras de son fauteuil. Il mettait un doigt entre ses l\u00e8vres fr\u00e9missantes. Il portait en pavillon la main \u00e0 son oreille. Parfois, il se tournait vers ses d\u00e9fenseurs qui, immobiles, rigides, le surplombaient de leurs robes noires et de leurs visages anxieux.<\/p>\n<p>Le mar\u00e9chal P\u00e9tain comprenait-il ? Entendait-il ?<br \/>\n\u00ab\u00a0Peine de mort.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Indignit\u00e9 nationale.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Confiscation de tous les biens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La voix du pr\u00e9sident Mongibeaux n&rsquo;a pas chang\u00e9 de timbre.<\/p>\n<p>Puis elle s&rsquo;est tue.<\/p>\n<p>Celui qui &#8211; de par la sentence &#8211; n&rsquo;est plus le mar\u00e9chal P\u00e9tain, regarde le tribunal, regarde ses avocats. Il ne se l\u00e8ve pas.<\/p>\n<p>A-t-il compris ? A-t-il entendu ?<\/p>\n<p>&#8211; Gardes, emmenez le condamn\u00e9, dit le pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;accus\u00e9 se l\u00e8ve. Mais il n&rsquo;a plus ses ouvements assur\u00e9s, les jambes h\u00e9sitent. Il fait un pas vers la gauche. Un autre vers la droite. On dirait, pour un instant, qu&rsquo;il est aveugle.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;en va, qu&rsquo;il passe par la porte \u00e9troite, qu&rsquo;il disparait.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait 4h30; le 15 ao\u00fbt 1945.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Paris, ao\u00fbt 1945 : le mar\u00e9chal P\u00e9tain, ex-chef de l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais, assiste, mur\u00e9 dans le silence, \u00e0 son proc\u00e8s. Nuremberg, novembre 1945 : vingt et un dignitaires du III\u00e8me Reich prennent place sur le banc des accus\u00e9s. J\u00e9rusalem, avril 1961: Adolf Eichmann r\u00e9pond devant un tribunal isra\u00e9lien de sa participation \u00e0 la Solution finale. Envoy\u00e9 sp\u00e9cial de France-Soir, Joseph Kessel met ici son talent exceptionnel d&rsquo;homme de lettres au service d&rsquo;un r\u00e9cit dramatique o\u00f9 la justice rencontre l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est le compte rendu de trois grand jugements &#8211; P\u00e9tain, Nuremberg et Alfred Eichmann &#8211; \u00e9crits par Joseph Kessel, en tant que journaliste. Vaut la peine rappeler que, en plus de journaliste, Kessel \u00e9tait aussi r\u00e9sistant et juif. 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