{"id":1917,"date":"2021-12-20T16:31:36","date_gmt":"2021-12-20T15:31:36","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=1917"},"modified":"2021-12-21T16:31:53","modified_gmt":"2021-12-21T15:31:53","slug":"sonia-feertchak-la-verite-tue-agatha-christie-et-la-famille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2021\/12\/20\/sonia-feertchak-la-verite-tue-agatha-christie-et-la-famille\/","title":{"rendered":"Sonia Feertchak &#8211; La v\u00e9rit\u00e9 tue : Agatha Christie et la famille"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1919 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/SoniaFeertchak-LaVeriteTue.jpg\" alt=\"\" width=\"191\" height=\"293\" \/>J&rsquo;ai lu peu de livres de Agatha Christie, peut-\u00eatre trois ou quatre, il y a longtemps. Mais \u00e7a marque.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai pris ce livre dans le \u00ab\u00a0vide-biblioth\u00e8que\u00a0\u00bb de Babelio (merci).<\/p>\n<p>Ce essai analyse \u00e0 fond l\u2019\u0153uvre de Agatha Christie et laisse, quand m\u00eame, une petite partie pour la vie de Agatha Christie, elle m\u00eame.<\/p>\n<p>En fait, les livres d&rsquo;Agatha Christie se passent quasiment tous dans un huis clos d&rsquo;une grande propri\u00e9t\u00e9. Cet environnement cr\u00e9e l&rsquo;isolement des personnages &#8211; le coupable est s\u00fbrement parmi eux.<\/p>\n<p>Plus que des enqu\u00eates, il s&rsquo;agit de voir ces histoires comme des \u00ab\u00a0cas d&rsquo;observation psychologique\u00a0\u00bb &#8211; l&rsquo;auteur ne le dit pas clairement, mais c&rsquo;est bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit ce livre. Il y a trois types de personnage : l&rsquo;agresseur, la victime, et les autres&#8230; plus les enqu\u00eateurs (Hercule Poirot et Miss Marple).<\/p>\n<p>Pour ceux qui appr\u00e9cient les romans de Agatha Christie ou m\u00eame des curieux comme moi qui s&rsquo;int\u00e9ressent plut\u00f4t aux aspects humains des gens, c&rsquo;est un livre qui m\u00e9rite le d\u00e9tour. Et du coup, je pense plonger dans la lecture de quelques uns de ses romans.<\/p>\n<p><em>Petite remarque qui, \u00e0 mon humble avis, a son importante :\u00a0 l&rsquo;auteur de ce livre, Sonia Feertchak, est une adepte de l&rsquo;\u00e9criture inclusive. En ce qui me concerne, je trouve dommage : \u00e7a d\u00e9figure notre langue et ne rend pas le texte plus lisible.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p 79-80)<\/p>\n<blockquote><p>Pour l&rsquo;\u00e9crivaine, l&rsquo;amour et le respect d&rsquo;un enfant pour un ascendant peuvent l\u00e9gitimement \u00eatre remis en question si ce dernier est dot\u00e9 d&rsquo;une personnalit\u00e9 malveillance. Si l&rsquo;on consid\u00e8re en plus, comme l&rsquo;affirme Mathew Prichard, qu&rsquo;elle \u00ab\u00a0comprenait tr\u00e8s bien les gens. Et ceux qui apparaissent dans es livres sont normaux\u00a0\u00bb, alors Christie l\u00e8ve un sacr\u00e9 tabou : chez le commun des mortels, l&rsquo;affection entre proches ne va pas de soi et le mal peut toucher tout le monde. Il est r\u00e9pandu, familier, commun. En un mot : banal. \u00ab\u00a0[Ce crime] \u00e9tait d&rsquo;une absolue banalit\u00e9, froidement pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, et limpide, jusqu&rsquo;au moindre d\u00e9tail.\u00a0\u00bb Banalit\u00e9. Dans son texte, Christie emploie le mot au sens de clich\u00e9, d&rsquo;habitude presque. Mais comment ne pas penser, par ailleurs, \u00e0 la \u00ab\u00a0banalit\u00e9 du mal\u00a0\u00bb ?<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 119)<\/p>\n<blockquote><p>Bien avant que la fiction ne s&#8217;empare en masse des pervers narcissiques, du harc\u00e8lement, des perversions familiales et des processus de domination, Christie d\u00e9crit la fa\u00e7on dont un pr\u00e9dateur objetise sa victime en nouant avec elle un lien toxique. En 1940, la philosophe Simone Weil d\u00e9crit \u00ab\u00a0la force devant quoi la chair des hommes se r\u00e9tracte [&#8230;]. La force, c&rsquo;est ce qui fait de quiconque lui est soumis une chose. Quand elle s&rsquo;exerce jusqu&rsquo;au bout, elle fait de l&rsquo;homme une chose au sens le plus litt\u00e9ral, car elle en fait un cadavre.\u00a0\u00bb La force de l&#8217;emprise pr\u00e9figure la mort. Elle est d\u00e9j\u00e0 la mort psychique juste avant la mort physique.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Sur les 66 romans \u00e0 \u00e9nigme d&rsquo;Agatha Christie, plus de 50 mettent en sc\u00e8ne des crimes familiaux.<\/p>\n<p>Mais le meurtre est un \u00e9cran de fum\u00e9e; le vrai sujet de l\u2019\u0153uvre de Christie, c&rsquo;est la banalit\u00e9 du mal au sein de la famille, et le silence qui l&rsquo;entoure. Ressentiment, manipulation, jalousie, humiliation, inceste&#8230;<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est tue de peur qu&rsquo;elle ne tue. Au c\u0153ur des familles, certains ont tous les droites, d&rsquo;autres n&rsquo;ont que celui de (se) laisser faire et se taire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai lu peu de livres de Agatha Christie, peut-\u00eatre trois ou quatre, il y a longtemps. Mais \u00e7a marque. J&rsquo;ai pris ce livre dans le \u00ab\u00a0vide-biblioth\u00e8que\u00a0\u00bb de Babelio (merci). 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