{"id":1962,"date":"2022-01-10T01:38:16","date_gmt":"2022-01-10T00:38:16","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=1962"},"modified":"2022-01-10T01:51:43","modified_gmt":"2022-01-10T00:51:43","slug":"sigmund-freud-psychologie-des-foules","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/01\/10\/sigmund-freud-psychologie-des-foules\/","title":{"rendered":"Sigmund Freud &#8211; Psychologie des foules et analyse du moi"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1966 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/SigmundFreud-PsychologieDesFoules-195x300.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/SigmundFreud-PsychologieDesFoules-195x300.jpg 195w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/SigmundFreud-PsychologieDesFoules.jpg 324w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/p>\n<p>Ce livre est, en quelque sorte, la suite de celui de <a href=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/01\/05\/gustave-le-bon-psychologie-des-foules\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gustave Le Bon<\/a> (voir ma <a href=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/01\/05\/gustave-le-bon-psychologie-des-foules\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">critique<\/a>).<\/p>\n<p>Freud, dans les deux premiers chapitres, fait une lecture comment\u00e9e du livre de Gustave Le Bon, avec mention surtout Quelques mentions sont faites aux livres \u00ab\u00a0The group Mind\u00a0\u00bb, \u00e9crit par William McDowgall (1920) et \u00ab\u00a0Instincts of Nerds in Peace and War\u00a0\u00bb \u00e9crit par Wilfred Trotter (1916).<\/p>\n<p>Il consid\u00e8re ces \u00e9crits plut\u00f4t comme une \u00e9tude descriptive des foules. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un regroupement d&rsquo;individus avec un objectif commun. On retient trois points essentiels des foules : une sorte d&rsquo;\u00e2me collective qui se cr\u00e9e et, pour chaque individu, une affectivit\u00e9 extraordinaire exalt\u00e9e et un rendement intellectuel notablement limit\u00e9e. Ces deux processus sont orient\u00e9s vers l&rsquo;assimilation des individus entre eux.<\/p>\n<p>Freud, dans la deuxi\u00e8me partie de ce livre, nous propose une \u00e9tude explicative du ph\u00e9nom\u00e8ne des foules, du point de vue de sa th\u00e9orie psychanalytique.<\/p>\n<p>Sur chaque aspect il montre comment des concepts de la psychanalyse seraient applicables \u00e0 la psychologie des foules : l&rsquo;identification, \u00e9tat amoureux, hypnose, pulsions sexuelle et gr\u00e9gaire, une comparaison entre les foules et les hordes et, finalement, une analyse du \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb dans une foule. Quelques points int\u00e9ressants, mais non exhaustifs, sont pr\u00e9sent\u00e9s dans les \u00ab\u00a0Citations\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Deux exemples sont trait\u00e9s en d\u00e9but de son expos\u00e9 sur deux foules simples : l&rsquo;\u00c9glise et l&rsquo;Arm\u00e9e. Dans l&rsquo;\u00c9glise on a l&rsquo;amour au prochain et l&rsquo;amour de Christ, le meneur. Dans l&rsquo;Arm\u00e9e, on a une structure hi\u00e9rarchique o\u00f9, \u00e0 chaque niveau on a un meneur et un groupement d&rsquo;individus qui ont un objectif commun.<\/p>\n<p>Comme tout livre \u00e9crit par Freud, celui-ci contient des termes sp\u00e9cifiques de la psychanalyse. Pour une bon compr\u00e9hension du texte, une connaissance m\u00eame superficielle de la psychanalyse est suffisante. Deux livres sont souvent mentionn\u00e9s (mais pas que ces deux) : \u00ab\u00a0Le moi et le \u00e7a\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Totem et tabou\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le livre \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/01\/05\/gustave-le-bon-psychologie-des-foules\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Psychologie des foules<\/a>\u00a0\u00bb de Gustave Le Bon m\u00e9rite quelques mots ici. Dans la critique que j&rsquo;ai fait de ce livre, j&rsquo;ai fait mention \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une pol\u00e9mique. Certains auteurs sugg\u00e8rent que le livre \u00e9crit par Gustave Le Bon serait un plagiat de livres \u00e9crits 4 ann\u00e9es auparavant. Le livre pris comme r\u00e9f\u00e9rence par Freud dans son \u00e9tude \u00e9tait bien celui de Gustave Le Bon et pas les autres. Freud mentionne tr\u00e8s rapidement quelques lignes des autres livres, ce qui montre bien qu&rsquo;il les a connus tous, mais que la r\u00e9f\u00e9rence pour lui est bien celui de Gustave Le Bon, livre dont il ne se prive pas de faire l&rsquo;\u00e9loge.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p.23-24)<\/p>\n<blockquote><p>Comprenons bien une fois encore quel est l&rsquo;\u00e9tat de la question : si la psychologie, qui s&rsquo;attache aux dispositions, motions pulsionnelles, mobiles, desseins, d&rsquo;un homme isol\u00e9, jusque dans ses actions et ses relations \u00e0 ses proches, avait r\u00e9solu la totalit\u00e9 de ses probl\u00e8mes et perc\u00e9 \u00e0 jour cet ensemble de connexions, elle verrait soudain surgir devant elle un nouveau probl\u00e8me non r\u00e9solu. Il lui faudrait expliquer ce fait surprenant que cet individu, devenu pour elle compr\u00e9hensible, sent, pense et agit, sous l&rsquo;effet d&rsquo;une condition d\u00e9termin\u00e9e, d&rsquo;une mani\u00e8re toute diff\u00e9rente de ce qu&rsquo;on attendait de lui, et cette condition c&rsquo;est l&rsquo;ent\u00e9e dans les rangs d&rsquo;une multitude d&rsquo;hommes qui a acquis la qualit\u00e9 d&rsquo;une \u00ab\u00a0foule psychologique\u00a0\u00bb. Qu&rsquo;est-ce donc qu&rsquo;une \u00ab\u00a0foule\u00a0\u00bb, d&rsquo;o\u00f9 tire-t-elle sa capacit\u00e9 d&rsquo;influencer de fa\u00e7on d\u00e9terminante la vie psychique de l&rsquo;individu pris isol\u00e9ment, et en quoi consiste la modification psychique qu&rsquo;elle impose \u00e0 cet individu ?<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 45)<\/p>\n<blockquote><p>Nous sommes partis du fait fondamental qu&rsquo;un individu isol\u00e9, au sein d&rsquo;une foule, subit, sous l&rsquo;influence de celle-ci, une modification de son activit\u00e9 psychique, \u00e0 un niveau souvent profond. Son affectivit\u00e9 est extraordinairement exalt\u00e9e, son rendement intellectuel est notablement limit\u00e9, les deux processus \u00e9tant manifestement orient\u00e9s vers une assimilation aux autres individus de la foule; r\u00e9sultat qui ne peut \u00eatre obtenu que par la lev\u00e9e des inhibitions pulsionnelles propres \u00e0 chaque individu isol\u00e9, et par le renoncement \u00e0 une r\u00e9alisation de ses tendances, qui lui est particuli\u00e8re. Nous avons vu que ces effets, souvent non d\u00e9sir\u00e9s, sont \u00e9clips\u00e9s, au moins partiellement, par une \u00ab\u00a0organisation\u00a0\u00bb sup\u00e9rieure des foules, mais on n&rsquo;a pas pour autant contest\u00e9 le fait fondamental de la psychologie des foules, \u00e0 savoir les deux axiomes de l&rsquo;exaltation des affects et de l&rsquo;inhibition de la pens\u00e9e dans la foule primitive.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 94)<\/p>\n<blockquote><p>La psychologie individuelle, bien plut\u00f4t, est n\u00e9cessairement tout aussi ancienne que la psychologie des foules, car d\u00e8s le d\u00e9but il y eut deux sortes de psychologie, celle des individus en foule et celle du p\u00e8re, du chef, du meneur. Les individus de la foule \u00e9taient r\u00e9unis par les m\u00eames liens que ceux qui nous trouvons aujourd&rsquo;hui, mais le p\u00e8re de la horde originaire \u00e9tait libre. Ses actes intellectuels \u00e9taient, m\u00eame dans leur isolement, forts et ind\u00e9pendants, sa volont\u00e9 n&rsquo;avait pas besoin d&rsquo;\u00eatre renforc\u00e9e par celle des autres. En cons\u00e9quence de quoi nous supposons que son moi avait peu de liens libidinaux, il n&rsquo;aimait personne en dehors de lui et n&rsquo;aimait les autres que dans la mesure o\u00f9 ils servaient ses besoins. Son moi ne c\u00e9dait rien de superflu aux objets.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 103)<\/p>\n<blockquote><p>Ce miracle, nous l&rsquo;avons compris dans le sens o\u00f9 l&rsquo;individu abandonne son id\u00e9al du moi et l&rsquo;\u00e9change contre l&rsquo;id\u00e9al de la foule, incarn\u00e9 dans le meneur. Le miracle, qu&rsquo;il nous soit permis d&rsquo;ajouter cette correction, n&rsquo;est pas \u00e9galement grand dans tous les cas. La s\u00e9paration du moi et de l&rsquo;id\u00e9al du moi n&rsquo;est, chez de nombreux individus, gu\u00e8re avanc\u00e9e, les deux co\u00efncident encore facilement, le moi a souvent conserv\u00e9 l&rsquo;autosatisfaction narcissique ant\u00e9rieure. Le choix du meneur est tr\u00e8s facilit\u00e9 par cet \u00e9tat de choses. Il lui suffit souvent de poss\u00e9der les propri\u00e9t\u00e9s typiques de ces individus, avec un relief particuli\u00e8rement net et pur, et de donner l&rsquo;impression d&rsquo;une force et d&rsquo;une libert\u00e9 libidinale plus grandes; alors le besoin d&rsquo;un chef \u00e9nergique vient \u00e0 sa rencontre et le rev\u00eat de la surpuissance \u00e0 laquelle sans cela il n&rsquo;aurait peut-\u00eatre aucunement pr\u00e9tendu. Les autres, dont l\u2019id\u00e9al du moi ne se serait pas sans cela incarn\u00e9 dans la personne sans subir de retouche, sont alors entra\u00eenes \u00ab\u00a0suggestivement\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire par identification.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 121)<\/p>\n<blockquote><p>Les deux \u00e9tats, l&rsquo;hypnose aussi bien que a formation en foule, sont des s\u00e9diments, h\u00e9r\u00e9ditaires provenant de la phylogen\u00e8se de la libido humaine, l&rsquo;hypnose comme disposition, la foule, en plus comme survivance directe. La substitution des tendances sexuelles inhib\u00e9es quant au but aux tendances sexuelles directes favorise dans les deux cas la s\u00e9paration du moi et de l&rsquo;id\u00e9al du moi, ce qui commence d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;\u00e9tat amoureux.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0La n\u00e9vrose rend asocial. Elle exerce sur la foule une action d\u00e9sagr\u00e9geante, exactement comme l&rsquo;\u00e9tat amoureux.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Pourquoi l&rsquo;individu change-t-il d\u00e8s qu&rsquo;il entre dans un groupe ? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un leader et comment la foule se laisse-t-elle diriger ? Publi\u00e9 en 1921, ce texte fondamental, qui scelle la rencontre de la psychanalyse et de la psychologie sociale est \u00e0 l&rsquo;origine, avec <em>\u00ab\u00a0Au del\u00e0 du principe de plaisir\u00a0\u00bb<\/em> (1920) et <em>\u00ab\u00a0Le Moi et le \u00c7a\u00a0\u00bb<\/em> (1923), d&rsquo;une mani\u00e8re radicalement nouvelle de penser le fonctionnement du psychisme humain. Les principaux th\u00e8mes en sont le narcissisme et l&rsquo;identification , la pulsion gr\u00e9gaire et l&rsquo;hypnose, l&rsquo;id\u00e9alisation et l&rsquo;\u00e9tat amoureux.<\/p>\n<p>Il est suivi pour la pr\u00e9sente \u00e9dition de <em>\u00ab\u00a0Psychologie des foules\u00a0\u00bb<\/em> (1895), c\u00e9l\u00e8bre essai de Gustave Le Bon sur lequel Freud s&rsquo;appuie pour b\u00e2tir sa th\u00e9orie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre est, en quelque sorte, la suite de celui de Gustave Le Bon (voir ma critique). 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