{"id":2248,"date":"2022-07-05T11:59:56","date_gmt":"2022-07-05T09:59:56","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=2248"},"modified":"2022-07-05T11:59:56","modified_gmt":"2022-07-05T09:59:56","slug":"johann-chapoutot-le-meurtre-de-weimar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/07\/05\/johann-chapoutot-le-meurtre-de-weimar\/","title":{"rendered":"Johann Chapoutot &#8211; Le meurtre de Weimar"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2249 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/JohannChapoutot-LeMeurtreDeWeimar-197x300.jpg\" alt=\"\" width=\"197\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/JohannChapoutot-LeMeurtreDeWeimar-197x300.jpg 197w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/JohannChapoutot-LeMeurtreDeWeimar-673x1024.jpg 673w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/JohannChapoutot-LeMeurtreDeWeimar-768x1169.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/JohannChapoutot-LeMeurtreDeWeimar.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/><\/p>\n<p>\u00c7a se passe en \u00e9t\u00e9 1932. Lors des \u00e9lections au mois de juillet, Hitler s&rsquo;attendait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 devenir Chancelier, mais &#8230; n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>La presse nazie (Volkischer Beobachter) ne cesse pas de dramatiser et inoculer une peur g\u00e9n\u00e9ratrice de violence, comme quoi des SA ou des SS \u00e9taient l\u00e2chement assassin\u00e9s par des communistes.<\/p>\n<p>Les nazis comptaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque avec 400.000 SA et 52.000 SS, alors que les communistes, comptaient avec 130.000. C&rsquo;\u00e9taient des militants mais plut\u00f4t des miliciens.<\/p>\n<p>La nuit du 9 au 10 ao\u00fbt, un groupe de SAs se r\u00e9uni dans un bar tenu par un aussi SA, George Hoppe. Apr\u00e8s \u00eatre arros\u00e9s avec de la bi\u00e8re et schnaps, ils sont invit\u00e9s \u00e0 faire une exp\u00e9dition punitive chez des communistes. Ils partent et finissent pas envahir le domicile de Konrad Pietzuch, ouvrier communiste, o\u00f9 il habitait avec sa m\u00e8re et son fr\u00e8re. Konrad est sauvagement battu et assassin\u00e9 (voir citation).<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est que, peu de temps avant, les nazis avaient r\u00e9ussi \u00e0 voter une loi comme quoi les assassinats politiques seraient punis avec une peine de mort. Cette loi s&rsquo;est retourn\u00e9 contre eux puisque les assassins ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s, moins de deux semaines apr\u00e8s, et condamn\u00e9s \u00e0 mort. Cette affaire a largement d\u00e9fraya la chronique judiciaire. Plus d&rsquo;une centaine d&rsquo;assassinats politiques ont eu lieu cet \u00e9t\u00e9 l\u00e0, mais celui-ci est celui qui a \u00e9t\u00e9 le plus remarqu\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de la sentence a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 assez longtemps pour que Hitler soit d\u00e9sign\u00e9 chancelier. Puis les sentences ont \u00e9t\u00e9 annul\u00e9es et condamn\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans ce livre, Johann Chapoutot d\u00e9veloppe la th\u00e8se comme quoi ceci est un des \u00e9v\u00e9nements qui a contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9stabiliser la R\u00e9publique de Weimar et a d\u00e9signer Adolf Hitler comme chancelier en remplacement de Von Papen. C&rsquo;est la fin de la R\u00e9publique de Weimar, d&rsquo;o\u00f9 le titre du livre \u00ab\u00a0Le Meurtre de Weimar\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p.6)<\/p>\n<blockquote><p>La petite troupe bat en retraite et se dirige vers une autre maison, celle o\u00f9 vit l&rsquo;ouvrier communiste Konrad Pietzuch avec son fr\u00e8re et sa m\u00e8re Golombek, frustr\u00e9 par l&rsquo;\u00e9chec pr\u00e9c\u00e9dent, grogne que \u00ab\u00a0cette-fois-ci, \u00e7a doit marcher\u00a0\u00bb. Deux SA montent la garde dans la rue pendant que les autres p\u00e9n\u00e8trent dans la maison. Golombek se tenant prudemment en retrait pour ne pas \u00eatre reconnu. La m\u00e8re, Marie Pietzuch, r\u00e9veill\u00e9e en sursaut, est tenue en respect par un pistolet braqu\u00e9 sur son visage. Les deux autres fr\u00e8res, Konrad et Alfons, sont tir\u00e9s de leur lit. Alfons est frapp\u00e9 \u00e0 la tempe gauche avec une matraque ou une canne de billard, et s&rsquo;\u00e9vanouit. Son fr\u00e8re aine, Konrad, est longuement battu sur l&rsquo;ordre de Golombek, qui a cri\u00e9 de \u00ab\u00a0tabasser le gros\u00a0\u00bb. Pendant un long quart d&rsquo;heure, Konrad Pietzuch est frapp\u00e9 \u00e0 coups de mains, de pieds, de matraque, de b\u00e2ton. On le frappe avant tout \u00e0 la t\u00eate et au torse : son corps r\u00e9v\u00e8le vingt-sept plaies ouvertes, plus deux \u00e0 la jambe droite, sans compter une fracture du bras et une balle dans le poumon. A l&rsquo;autopsie, le m\u00e9decin l\u00e9giste affirme que la victime a \u00e9t\u00e9 foul\u00e9e \u00e0 terre et qu&rsquo;elle est morte non par balle, mais \u00e0 cause d&rsquo;une h\u00e9morragie due aux pi\u00e9tinements : un talon de botte a broy\u00e9 la pomme d&rsquo;Adam de la victime et sectionn\u00e9 son art\u00e8re carotide, provoquant un engorgement des poumons et une mort par \u00e9touffement.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Quand la R\u00e9publique de Weimar est-elle morte ? On retient g\u00e9n\u00e9ralement un \u00e9v\u00e9nement central : l&rsquo;appel \u00e0 la chancellerie, \u00e0 Berlin, d&rsquo;Adolf Hitler. On ne pr\u00eate gu\u00e8re d&rsquo;attention \u00e0 un autre fait, provincial, obscur : l&rsquo;assassinat violent, dans un bourg recul\u00e9 de Sil\u00e9sie, d&rsquo;un ouvrier communiste par cinq SA ivres et brutaux. D\u00e9bord\u00e9 par une base impatiente et alt\u00e9r\u00e9e de pouvoir, Hitler fait une entorse \u00e0 son l\u00e9galisme proclam\u00e9 et prend fait et cause pour les assassins. Devant la menace, le gouvernement commue la peine des meurtriers. L&rsquo;\u00c9tat de droit prend fin : les nazis revendiquent une nouvelle l\u00e9galit\u00e9, qui fait des meurtriers des soldats et d&rsquo;un crime, un acte de guerre ou de justice. Ce fait divers invite \u00e0 une histoire politique et culturelle de la R\u00e9publique de Weimar, mais aussi du parti nazi : le contentieux entre la base SA et la hi\u00e9rarchie du parti devait \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 plus tard, lors de la Nuit des longs couteaux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c7a se passe en \u00e9t\u00e9 1932. 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