{"id":2282,"date":"2022-07-12T00:10:29","date_gmt":"2022-07-11T22:10:29","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=2282"},"modified":"2022-07-14T19:31:34","modified_gmt":"2022-07-14T17:31:34","slug":"david-le-breton-sourire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/07\/12\/david-le-breton-sourire\/","title":{"rendered":"David Le Breton &#8211; Sourire"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2284 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/DavidLeBreton-Sourire-195x300.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/DavidLeBreton-Sourire-195x300.jpg 195w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/DavidLeBreton-Sourire-667x1024.jpg 667w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/DavidLeBreton-Sourire-768x1179.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/DavidLeBreton-Sourire-1000x1536.jpg 1000w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/DavidLeBreton-Sourire-1334x2048.jpg 1334w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/DavidLeBreton-Sourire.jpg 1628w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/p>\n<p>Ce livre s&rsquo;inscrit dans la th\u00e9matique de recherche de David le Breton. Plusieurs livres s&rsquo;occupant de l&rsquo;anthropologie du corps depuis les d\u00e9buts de ses travaux de recherche. Je les ai presque tous.<\/p>\n<p>Ce livre est le pendant de \u00ab\u00a0Rires\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en 2018. Et fait r\u00e9f\u00e9rence aussi \u00e0 \u00ab\u00a0Visages\u00a0\u00bb dont la premi\u00e8re \u00e9dition date de 1992, une deuxi\u00e8me dans les ann\u00e9es 2000 et la prochaine, revue et actualis\u00e9e, pr\u00e9vue pour le mois de novembre 2022. Des r\u00e9f\u00e9rences fr\u00e9quentes sont faites \u00e0 cette derni\u00e8re \u00e9dition.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de montrer les diff\u00e9rences avec les \u00ab\u00a0Rires\u00a0\u00bb et aussi pr\u00e9senter les diff\u00e9rentes nuances du \u00ab\u00a0Sourire\u00a0\u00bb. Difficile de parler de tout &#8211; ce sont 23 chapitres et donc, 23 cas particuliers, tels les sourires des nouveaux n\u00e9s, des assassins, des com\u00e9diens, des handicap\u00e9s visuels, des autistes, des masqu\u00e9s du COVID, des nuances culturels, &#8230;<\/p>\n<p>On ne peut que s&rsquo;\u00e9tonner de d\u00e9couvrir la complexit\u00e9 de toute la s\u00e9miotique du sourire. Par ailleurs, David le Breton n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 reprendre ceux qui par le pass\u00e9 ont voulu caract\u00e9riser le lien entre le sourire, les \u00e9motions et la biologie ou anatomie des mouvements musculaires (Duchenne de Boulogne, Herbert Spencer, Darwin, Ekman et autres).<\/p>\n<p>Les livres de David Le Breton sont tr\u00e8s denses mais agr\u00e9ables \u00e0 lire et int\u00e9ressants. Ce sont des livres \u00e0 d\u00e9guster et surtout pas chercher \u00e0 le lire d&rsquo;un seul coup. Celui-ci n&rsquo;est pas une exception.<\/p>\n<p>A lire avec \u00ab\u00a0Rires\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Visages\u00a0\u00bb, puis tous les autres de David le Breton.<\/p>\n<p>Je remercie chaleureusement Babelio Masse Critique et surtout l&rsquo;\u00e9diteur M\u00e9taill\u00e9 qui m&rsquo;a envoy\u00e9 ce livre avec un petit mot souhaitant \u00ab\u00a0bonne lecture\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 62)<\/p>\n<blockquote><p>Pour rompre l&rsquo;indiff\u00e9rence polie qui est de mise dans les rues des villes, Pierre Sansot aime \u00e0 sourire aux passants inconnus d\u00e9concert\u00e9s, semant ainsi le trouble. D\u00e8s lors, \u00ab\u00a0l&rsquo;avenue cesse d&rsquo;\u00eatre un parcours muet ou hostile. Je sais que mes sourires risquent d&rsquo;\u00eatre ensevelis par d&rsquo;autres promeneurs : je n&rsquo;en continue pas moins de les distribuer et si les autres passants agissaient de cette sorte, une ville se composerait d&rsquo;innombrables chemins\u00a0\u00bb. Telle est par ailleurs la sociabilit\u00e9 des marcheurs qui \u00e9changent volontiers sourires et salutations en se croisant sur les sentiers.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 73)<\/p>\n<blockquote><p>Que cette t\u00e2che de maintenir en permanence une figuration souriante soit parfois malais\u00e9e, Hochscild en donne un exemple rest\u00e9 dans les annales ou la l\u00e9gende du m\u00e9tier d&rsquo;h\u00f4tesse de l&rsquo;air. Un jour un jeune homme d&rsquo;affaires demande \u00e0 l&rsquo;une d&rsquo;elles pourquoi elle ne sourit pas. Alors elle lui demande de sourire le premier et lui promet de sourire \u00e0 son tour. Le jeune homme s&rsquo;ex\u00e9cute. \u00ab\u00a0Bien, lui dit-elle, maintenant restez comme \u00e7a pendant quinze heures\u00a0\u00bb, avant de s&rsquo;\u00e9loigner sans se retourner.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>David Le Breton poursuit son anthropologie du corps de fa\u00e7on plus affin\u00e9e, plus litt\u00e9raire aussi au regard de ses pr\u00e9c\u00e9dents ouvrages, il ouvre des voies de r\u00e9flexion au lecteur. Ici pas d\u2019interviews, que du v\u00e9cu et des citations d\u2019\u00e9crivains, de cin\u00e9astes ou des peintures qui d\u00e9crivent sur le vif des sourires, des centaines de sourires plus ou moins c\u00e9l\u00e8bres o\u00f9 se voilent des significations contradictoires.<\/p>\n<p>Le sourire se devine, gagne les yeux, transforme subtilement le visage, au bas mot nous humanise. Les savants constatent que le sourire est la r\u00e9action la plus faible du visage et les po\u00e8tes comme Paul Val\u00e9ry qu&rsquo;il est le \u00ab\u00a0premier luxe de l&rsquo;\u00eatre\u00a0\u00bb. Dans notre relation discr\u00e8te \u00e0 l&rsquo;autre,\u00a0 le sourire est per\u00e7u comme un effleurement de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Tout le monde reconna\u00eet que c&rsquo;est un adoucisseur de contact quand il n&rsquo;est pas convenu, narquois, exasp\u00e9rant ou b\u00eatement pos\u00e9 sur les l\u00e8vres pour donner le change. C&rsquo;est une expression retenue mais lisible qui permet aux individus de communiquer diff\u00e9remment, \u00e0 la fois sans mot et de tout leur corps. Il peut \u00eatre aussi l&rsquo;expression d&rsquo;une ritualit\u00e9 et participer sciemment \u00e0 l&rsquo;expression de son appartenance sociale.<\/p>\n<p>Cette anthropologie de l&rsquo;\u00e9nigmatique que David Le Breton d\u00e9veloppe avec finesse dans cet ouvrage touche autant au corps, \u00e0 nos conventions sociales, qu&rsquo;\u00e0 notre spiritualit\u00e9, vraie ou na\u00efve, qui nous fait exister et r\u00e9sister \u00e0 la brutalit\u00e9 du monde.<\/p>\n<p>Le sourire \u0153uvre en secret et nous permet de communiquer presque secr\u00e8tement notre soi \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre s&rsquo;inscrit dans la th\u00e9matique de recherche de David le Breton. Plusieurs livres s&rsquo;occupant de l&rsquo;anthropologie du corps depuis les d\u00e9buts de ses travaux de recherche. Je les ai presque tous. Ce livre est le pendant de \u00ab\u00a0Rires\u00a0\u00bb, publi\u00e9<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17,6],"tags":[],"class_list":["post-2282","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lecture","category-sociologie","comments-off"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2282","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2282"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2282\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}