{"id":2526,"date":"2022-09-23T21:57:27","date_gmt":"2022-09-23T19:57:27","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=2526"},"modified":"2022-09-24T11:10:18","modified_gmt":"2022-09-24T09:10:18","slug":"jacques-londres-chez-les-fous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/09\/23\/jacques-londres-chez-les-fous\/","title":{"rendered":"Albert Londres &#8211; Chez les fous"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2527 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/AlbertLondres-ChezLesFous-180x300.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/AlbertLondres-ChezLesFous-180x300.jpg 180w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/AlbertLondres-ChezLesFous-614x1024.jpg 614w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/AlbertLondres-ChezLesFous-768x1281.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/AlbertLondres-ChezLesFous.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/><\/p>\n<p>Albert Londres a \u00e9t\u00e9 un journaliste du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle. Il a publi\u00e9 plusieurs enqu\u00eates d&rsquo;investigation, dont celle-ci, dans les ann\u00e9es 20. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1925 qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, sous la forme de 12 articles, dans le Petit Parisien.<\/p>\n<p>Ce sont des t\u00e9moignages de ses visites \u00e0 certains \u00ab\u00a0asiles de fous\u00a0\u00bb. Il rapporte la violence et les traitements inhumains inflig\u00e9s aux intern\u00e9s. Les traitements \u00e9taient surtout bas\u00e9s sur la punition ou la restriction physique punitive (camisole, cachot, &#8230;). A un seul asile il a trouv\u00e9 un traitement humain o\u00f9 les fous \u00e9taient trait\u00e9s comme des personnes presque normales.<\/p>\n<p>Mais ce livre, \u00e0 mon avis, a mal vieilli. Ce livre a probablement beaucoup apport\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Moins aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;\u00e9tait un d\u00e9but d&rsquo;un changement de la discipline psychiatrique. Je pense que de nos jours on ne trouve plus ce genre d&rsquo;\u00e9tablissement, du moins, pas en France.<\/p>\n<p>Il y a, peut-\u00eatre un int\u00e9r\u00eat historique, pour comparer ce qui \u00e9tait avec ce qui est maintenant, mais il apporte tr\u00e8s peu en connaissances. Ce sont des r\u00e9cits de ce qui se passait dans ces asiles, des t\u00e9moignages.<\/p>\n<p>Il y a, certes, une petite poign\u00e9e de pages de conclusions \u00e0 la fin, mais j&rsquo;aurais du mal \u00e0 classer ce livre dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0essais\u00a0\u00bb. J&rsquo;aurais aime avoir l&rsquo;avis sur ce livre par un psychiatre de l&rsquo;\u00e9poque. C&rsquo;est la limite de tout sujet pointu trait\u00e9 par un journaliste d&rsquo;investigation.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p.74)<\/p>\n<blockquote><p>Et cette jeune femme au masque grima\u00e7ant qui me demande :<br \/>\n&#8211; \u00cates vous le g\u00e9n\u00e9ral inspecteur des cin\u00e9mas ?<br \/>\n&#8211; &#8230;<br \/>\n&#8211; Eh bien ! mon g\u00e9n\u00e9ral, je suis la reine des cin\u00e9mas. Il me semblait bien vous reconna\u00eetre, car je poss\u00e8de la radiographie ! Et je vous ai vu \u00e0 travers les murs. Or tous ces ennemis qui m&rsquo;accramponnent, c&rsquo;est la faute du cin\u00e9ma et du nitrate d&rsquo;argent, qui font tous deux contact avec l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Cependant l&rsquo;essentiel est de se tenir l&rsquo;estomac propre, et, pour cela, j&#8217;emploie le spiritisme. Mas, monsieur le g\u00e9n\u00e9ral, vous ne voyez pas les deux pirates qui en ce moment me serrent le cou, parce que je suis la reine de l&rsquo;\u00e9cran ? \u00ab\u00a0Le Cr\u00e2ne d&rsquo;Or\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0Le Tombeau de l&rsquo;hindou\u00a0\u00bb, c&rsquo;est moi qui ai tourn\u00e9 ces chefs-d\u2019\u0153uvre.<br \/>\nElle m\u2019entra\u00eene dans un coin =et me dit \u00e0 voix basse :<br \/>\n&#8211; Aussi, cette nuit, on m&rsquo;a fait le cercle de feu. J&rsquo;ai flamb\u00e9 toute ! J&rsquo;ai souffert, \u00e7a sera un joli film !<br \/>\nSa confidence termin\u00e9e, elle reprend tout haut :<br \/>\n&#8211; Heureusement que j&rsquo;ai les rayons X pour moi ! Seulement, cet appareil tourneur cin\u00e9matographique que j&rsquo;ai dans le corps, il faut qu&rsquo;on me le sorte. Pourquoi suis-je entre quatre verres ? Pourquoi ai-je la radiographie par-dessus et sur les c\u00f4t\u00e9s ? C&rsquo;est que j&rsquo;ai tellement gagn\u00e9 d&rsquo;argent au cin\u00e9ma qu&rsquo;on veut me tuer pour avoir mon coffre. Au secours, les haut-parleurs ! Au secours !<\/p><\/blockquote>\n<p>(p.82, 86-87)<\/p>\n<blockquote><p>Dans la maison du docteur Dide, la folie est sacr\u00e9e. C&rsquo;est un talent que l&rsquo;on respecte, une chute d&rsquo;eau que l&rsquo;on ne cherche pas \u00e0 canaliser pour faire de la houille blanche. Les neiges ont fondu, qu&rsquo;elles s&rsquo;\u00e9coulent suivant les fantaisies de la nature. Ce fou a pour habitude, chaque matin, de r\u00e9diger une affiche et de la coller \u00e0 la porte 3 du couloir de la deuxi\u00e8me. Pourquoi la lac\u00e9rer ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">&#8230;<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas en exasp\u00e9rant ces malheureux qu&rsquo;on les ram\u00e8ne \u00e0 la raison.<br \/>\nPour soigner les fous, il faut d&rsquo;abord prendre la peine de comprendre leur folie.<br \/>\nIl faut aussi profiter de leurs jours de lucidit\u00e9 pour les r\u00e9adapter \u00e0 la vie ordinaire.<br \/>\nTraiter continuellement comme un fou l&rsquo;homme qui ne perd que de temps \u00e0 l&rsquo;autre le contr\u00f4le de son jugement, c&rsquo;est l&rsquo;enfoncer dans son infortune.<br \/>\nNous marchions dans l&rsquo;all\u00e9e principale de l&rsquo;\u00e9tablissement. A vingt pas de nous, un pensionnaire s&rsquo;arr\u00eata. Il prit l&rsquo;attitude qui immortalise Gambetta dans le jardin du Louvre puis entama une \u00e9loquente harangue.<br \/>\nDedi me dit :<br \/>\n&#8211; Cet homme est en proie \u00e0 un orage. L&rsquo;orage ne durera pas, mais il faut qu&rsquo;il passe. Si je voyais un infirmier brutaliser ce malade sous pr\u00e9texte de le faire taire, c&rsquo;est l&rsquo;infirmier que je mettrais au cabanon.<br \/>\nEn effet, l&rsquo;orage passe. L&rsquo;orateur s&rsquo;approcha de Dide.<br \/>\n&#8211; Bonjour, monsieur le directeur, vous venez encore de me surprendre en effervescence.<br \/>\n&#8211; Nous avons tous la n\u00f4tre, mon ami.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>En 1925, Albert Londres met sa notori\u00e9t\u00e9 au service d&rsquo;une cause m\u00e9connue, l&rsquo;enfermement tel qu&rsquo;il est r\u00e9serv\u00e9 aux malades mentaux.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir d\u00e9nonc\u00e9 les bagnes de Guyane et Biribi, c&rsquo;est \u00e0 une autre forme d&rsquo;enfermement qu&rsquo;Albert Londres entend s&rsquo;attaquer : les asiles d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9s.<\/p>\n<p>Devant la r\u00e9ticence des autorit\u00e9s de Sant\u00e9 publique, il tentera m\u00eame de forcer les portes d&rsquo;un h\u00f4pital psychiatrique, en se faisant passer par un fou.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages des malades fourniront la mati\u00e8re de douze articles pol\u00e9miques que la r\u00e9daction du Petit Parisien h\u00e9sitera \u00e0 publier jusqu&rsquo;en mais 1925.<\/p>\n<p>Devant l&rsquo;indignation des psychiatres et des ali\u00e9nistes, Albert Londres, dans le livre qui fera suite \u00e0 la publication du reportage, sera contraint d&rsquo;adoucir certains passages et de maquiller quelques noms propres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Albert Londres a \u00e9t\u00e9 un journaliste du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle. 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