{"id":2547,"date":"2022-10-03T23:10:22","date_gmt":"2022-10-03T21:10:22","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=2547"},"modified":"2022-10-08T00:57:39","modified_gmt":"2022-10-07T22:57:39","slug":"graciliano-ramos-vies-arides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/10\/03\/graciliano-ramos-vies-arides\/","title":{"rendered":"Graciliano Ramos &#8211; Vies arides"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2549 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/GracilianoRamos-ViesArides-205x300.jpg\" alt=\"\" width=\"205\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/GracilianoRamos-ViesArides-205x300.jpg 205w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/GracilianoRamos-ViesArides.jpg 341w\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" \/><\/p>\n<p>Dans Vies arides, aujourd&rsquo;hui r\u00e9\u00e9dit\u00e9 dans une nouvelle traduction, Graciliano Ramos d\u00e9peint la situation sociale d&rsquo;un Br\u00e9sil nordestin o\u00f9 convergent la duret\u00e9 des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la d\u00e9sh\u00e9rence d&rsquo;une r\u00e9gion oubli\u00e9e du reste du pays, mais c&rsquo;est bien s\u00fbr la destin\u00e9e de tous les hommes qui luttent pour survivre. Treize chapitres con\u00e7us comme des nouvelles, \u00e9crits dans un style r\u00e9aliste et d\u00e9pouill\u00e9, nous donnent tour \u00e0 tour le point de vue, quasi objectif, de chacun des personnages.<\/p>\n<p>Dans le sertao semi d\u00e9sertique, pouss\u00e9s par la s\u00e9cheresse et la famine, le vacher Fabiano, sa femme sinha Vitoria, leurs deux enfants et la chienne Baleine s&rsquo;installent dans une ferme abandonn\u00e9e. Ils se mettent au service d&rsquo;un mettre qui les exploite et survivent dans le d\u00e9nuement extr\u00eame. Dans ce monde seulement r\u00e9gi par les rapports de force et l&rsquo;hostilit\u00e9 de la nature, la parole est rare et maladroite, la communication presque impossible. Finalement une nouvelle s\u00e9cheresse ravage leur troupeau, les jetant dans une nouvelle errance. Seul espoir t\u00e9nu : une vie meilleure au Sud, dans une grande ville.<br \/>\nPar son style \u00e9pur\u00e9 et sa structure cyclique, l&rsquo;ouvrage, publi\u00e9 en 1938, a boulevers\u00e9 les canons de la litt\u00e9rature br\u00e9silienne. Prix de la Fondation William Faulkner en 1962, il est indubitablement l&rsquo;une des \u0153uvres majeures de la litt\u00e9rature du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>**********************************<\/p>\n<p>Ce livre fait partie des classiques de la litt\u00e9rature br\u00e9silienne. Je l&rsquo;ai lu il y a tr\u00e8s tr\u00e8s longtemps, en portugais, ma langue maternelle.<\/p>\n<p>Ce livre d\u00e9crit la situation des petits employ\u00e9s (si on peut le dire comme \u00e7a) des petites fermes dans la r\u00e9gion Nord Est du Br\u00e9sil, dans les ann\u00e9es 30, et la souffrance de la s\u00e9cheresse qui fait souffrir la population, probl\u00e8me qui commence \u00e0 \u00eatre r\u00e9gl\u00e9, s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas la corruption toujours pr\u00e9sente dans le pays.<\/p>\n<p>La description des personnages montrent le c\u00f4t\u00e9 inhumain de leur situation : les parents, Fabiano et Sinha Vitoria (sont ils mari\u00e9s ou juste en couple ?), les enfants qui n&rsquo;ont pas de nom, la chienne Baleinne, qui elle a un nom. Un chapitre est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la chienne et ses pens\u00e9es, quand Fabiano la tue \u00e0 cause de sa maladie.<\/p>\n<p>La famille, comme tous les petits employ\u00e9s (si on peut utiliser ce nom), vit des cycles li\u00e9s \u00e0 la s\u00e9cheresse. En temps de s\u00e9cheresse, ils \u00e9migrent, \u00e0 pied bien s\u00fbr, \u00e0 la recherche d&rsquo;un nouvel endroit, une maison ou fermette abandonn\u00e9e au milieu de la caatinga. Ils portent juste quelques affaires dans leurs balluchons &#8211; soif et faim. Dans le premier voyage ils d\u00e9cident de tuer le perroquet, qui ne parlait pas, pour satisfaire la faim.<\/p>\n<p>Ils retrouvent une petite ferme abandonn\u00e9e&#8230; Des suppos\u00e9s propri\u00e9taires arrivent et les obligent \u00e0 travailler pour un salaire qui suffit presque assez pour survivre. Fabiano s&rsquo;occupe de quelques maigres vaches et ch\u00e8vres. Il s&rsquo;endette aupr\u00e8s de ses patrons qui font expr\u00e8s de ne pas assez payer pour l&rsquo;asservir.<\/p>\n<p>Fabiano n&rsquo;a jamais mis les pieds dans une \u00e9cole, ne sait pas compter et poss\u00e8de un vocabulaire tr\u00e8s limit\u00e9. Sinha Vitoria n&rsquo;a qu&rsquo;un r\u00eave : avoir un lit en cuir au lieu du lit improvis\u00e9 avec des rondins de bois.<\/p>\n<p>A No\u00ebl ils vont \u00e0 une f\u00eate foraine. Les enfants observent les objets en vente dans les baraques et se demandent si ces objets ont un nom et s&rsquo;ils sont fabriqu\u00e9s par des humains.<\/p>\n<p>Au bout d&rsquo;un an, une nouvelle s\u00e9cheresse et un nouveau d\u00e9part&#8230; continuer leur vie de mis\u00e8re ailleurs.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur ignorance, ils montrent une grande humanit\u00e9, y compris la chienne, peut-\u00eatre m\u00eame plus que les enfants.<\/p>\n<p>A la fin du livre il y a un glossaire&#8230; pas courant pour ce style litt\u00e9raire. En fait, il n&rsquo;est quasiment possible de traduire ce type de livre, \u00e0 cause d&rsquo;un \u00ab\u00a0portugais rustique\u00a0\u00bb qui n&rsquo;est parl\u00e9 que dans cette r\u00e9gion du Br\u00e9sil, mais aussi par la culture et mode de vie de la r\u00e9gion. C&rsquo;est commun \u00e0 plusieurs romans et chansons de certaines r\u00e9gions du Br\u00e9sil. \u00c7a existe aussi en France et il ne faut pas aller tr\u00e8s loin : certaines BDs de Ast\u00e9rix, par exemple.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Filme Vidas Secas -1963\" width=\"910\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/m5fsDcFOdwQ?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 28-29)<\/p>\n<blockquote><p>Il fit claquer ses doigts. La chienne Baleine accourut l\u00e9cher ses mains grosses et velues. Fabiano re\u00e7ut la caresse, s&rsquo;attendrit :<\/p>\n<p>&#8211; Tu est une b\u00eate, Baleine.<\/p>\n<p>Il vivait loin des hommes, il ne s&rsquo;entendait qu&rsquo;avec les animaux. Ses pieds durs brisaient les \u00e9pines et ne ressentaient pas la br\u00fblure du sol. \u00c0 cheval, il se collait \u00e0 sa monture, ne faisant qu&rsquo;un avec elle. Il parlait une langue chant\u00e9e, monosyllabique et gutturale, que son compagnon comprenait. \u00c0 pied, il \u00e9tait maladroit. Il penchait d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et de l&rsquo;autre, les jambes arqu\u00e9es, laid et tordu. Il s&rsquo;adressait parfois aux gens dans la m\u00eame langue qu&rsquo;il adoptait avec les b\u00eates &#8211; exclamations, onomatop\u00e9es. En r\u00e9alit\u00e9 il parlait peu. Il admirait les mots longs et compliqu\u00e9es que les gens de la ville employaient, il essayait d&rsquo;en reproduire certains, sans succ\u00e8s, mais il savait qu&rsquo;ils \u00e9taient inutiles et peut-\u00eatre dangereux.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p.48)<\/p>\n<blockquote><p>Ce qu&rsquo;il voulait&#8230; Han ! Il l&rsquo;avait oubli\u00e9. Il se souvenait maintenant de sa longue marche \u00e0 travers le sert\u00e3o, terrass\u00e9 par la faim. Les jambes des enfants \u00e9taient aussi minces que des fuseaux, sinha Vit\u00f3ria tr\u00e9buchait sous le poids du coffre en fer-blanc. Au bord du fleuve, ils avaient mang\u00e9 le perroquet, qui ne savait pas parler. Par n\u00e9cessit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Dans Vies arides, aujourd&rsquo;hui r\u00e9\u00e9dit\u00e9 dans une nouvelle traduction, Graciliano Ramos d\u00e9peint la situation sociale d&rsquo;un Br\u00e9sil nordestin o\u00f9 convergent la duret\u00e9 des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la d\u00e9sh\u00e9rence d&rsquo;une r\u00e9gion oubli\u00e9e du reste du pays, mais c&rsquo;est bien s\u00fbr la destin\u00e9e de tous les hommes qui luttent pour survivre. Treize chapitres con\u00e7us comme des nouvelles, \u00e9crits dans un style r\u00e9aliste et d\u00e9pouill\u00e9, nous donnent tour \u00e0 tour le point de vue, quasi objectif, de chacun des personnages.<\/p>\n<p>Dans le sert\u00e3o semi d\u00e9sertique, pouss\u00e9s par la s\u00e9cheresse et la famine, le vacher Fabiano, sa femme sinha Vit\u00f3ria, leurs deux enfants et la chienne Baleine s&rsquo;installent dans une ferme abandonn\u00e9e. Ils se mettent au service d&rsquo;un mettre qui les exploite et survivent dans le d\u00e9nuement extr\u00eame. Dans ce monde seulement r\u00e9gi par les rapports de force et l&rsquo;hostilit\u00e9 de la nature, la parole est rare et maladroite, la communication presque impossible. Finalement une nouvelle s\u00e9cheresse ravage leur troupeau, les jetant dans une nouvelle errance. Seul espoir t\u00e9nu : une vie meilleure au Sud, dans une grande ville.<\/p>\n<p>Par son style \u00e9pur\u00e9 et sa structure cyclique, l&rsquo;ouvrage, publi\u00e9 en 1938, a boulevers\u00e9 les canons de la litt\u00e9rature br\u00e9silienne. Prix de la Fondation William Faulkner en 1962, il est indubitablement l&rsquo;une des \u0153uvres majeures de la litt\u00e9rature du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Graciliano Ramos (1892-1953). \u00c0 quatorze ans, il quitte le coll\u00e8ge pour aider son p\u00e8re commer\u00e7ant. En 1914, il part \u00e0 Rio o\u00f9 il est r\u00e9viseur de presse. Sa famille le rappelle en 1915. II se marie et partage son temps entre le commerce et les lettres. Il est \u00e9lu maire en 1928, puis, en 1933, il est nomm\u00e9 directeur de l&rsquo;Instruction publique d&rsquo;Alagoas. En 1936, accus\u00e9 de communisme, il est arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9. Lib\u00e9r\u00e9 en 1937, il se fixe \u00e0 Rio et vit de sa plume. En 1952, invit\u00e9 \u00e0 Moscou pour le 1er mai, il visite une partie de l&rsquo;Europe, mais, atteint d&rsquo;un cancer aux poumons, il d\u00e9c\u00e8de quelques mois apr\u00e8s l&rsquo;hommage rendu pour ses soixante ans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans Vies arides, aujourd&rsquo;hui r\u00e9\u00e9dit\u00e9 dans une nouvelle traduction, Graciliano Ramos d\u00e9peint la situation sociale d&rsquo;un Br\u00e9sil nordestin o\u00f9 convergent la duret\u00e9 des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la d\u00e9sh\u00e9rence d&rsquo;une r\u00e9gion oubli\u00e9e du reste du pays,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25,17],"tags":[],"class_list":["post-2547","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature","category-lecture","comments-off"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2547","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2547"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2547\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2551,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2547\/revisions\/2551"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}