{"id":2654,"date":"2022-12-21T15:12:30","date_gmt":"2022-12-21T14:12:30","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=2654"},"modified":"2022-12-21T15:24:57","modified_gmt":"2022-12-21T14:24:57","slug":"sonia-devillers-les-exportes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2022\/12\/21\/sonia-devillers-les-exportes\/","title":{"rendered":"Sonia Devillers &#8211; Les export\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2655 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/SoniaDevillers-LesExpportes-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"193\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/SoniaDevillers-LesExpportes-193x300.jpg 193w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/SoniaDevillers-LesExpportes-658x1024.jpg 658w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/SoniaDevillers-LesExpportes-768x1195.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/SoniaDevillers-LesExpportes.jpg 797w\" sizes=\"auto, (max-width: 193px) 100vw, 193px\" \/><\/p>\n<p>\u00c7a se lit comme un roman mais il s&rsquo;agit de journalisme d&rsquo;investigation sur l&rsquo;histoire des juifs en Roumanie et, en particulier, la famille de l&rsquo;auteur.<\/p>\n<p>Ce sont des faits peu connus. De 1945, \u00e0 la fin de la Deuxi\u00e8me guerre, \u00e0 1989, la Roumanie a v\u00e9cu sous un r\u00e9gime dictatorial assez rude. D&rsquo;abord sous Gheorghe Gheorghiu-Dej jusqu&rsquo;\u00e0 1965, puis sous Nicolae Ceausescu jusqu&rsquo;\u00e0 1989.<\/p>\n<p>Dans un pays tr\u00e8s ferm\u00e9, o\u00f9 personne ne pouvait le quitter, et un antis\u00e9mitisme tr\u00e8s f\u00e9roce comment se d\u00e9barrasser des juifs ?<\/p>\n<p>Vu par les juifs, il n&rsquo;y a rien de myst\u00e9rieux : ils payaient un certain montant, assez \u00e9lev\u00e9 \u00e0 un passeur, Henry Jacober, qui s&rsquo;occupait de tout. Les juifs n&rsquo;avaient droit qu&rsquo;\u00e0 deux valises avec le strict minimum et surtout pas d&rsquo;argent.<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Le passeur n&rsquo;avait droit qu&rsquo;\u00e0 une partie de l&rsquo;argent. Le reste revenait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat roumain et servait \u00e0 acheter du b\u00e9tail : cochons, moutons, vaches ou taureaux, &#8230; \u00e0 l&rsquo;entreprise du passeur, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le commerce de b\u00e9tail. Donc, en r\u00e9alit\u00e9, il s&rsquo;agissait bien d&rsquo;un \u00ab\u00a0troc\u00a0\u00bb, ou d&rsquo;exportation dont s&rsquo;est vant\u00e9 Nicolae Ceausescu : \u00ab\u00a0Les Juifs et le p\u00e9trole sont nos meilleurs produits d&rsquo;exportation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me a commenc\u00e9 en 1958, avec un arr\u00eat de deux ans, juste apr\u00e8s la prise du pouvoir par Ceausescu, et perdur\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la dictature.<\/p>\n<p>Ion Mihai Pacepa, oficier g\u00e9n\u00e9ral roumain chef de la Securitate, s&rsquo;est exil\u00e9 aux Etats Unis sous la pr\u00e9sidence de Jimmy Carter et a publi\u00e9, en 1987, un livre o\u00f9 il mettait ce syst\u00e8me au grand jour mais peu de gens l&rsquo;ont cru. Ce syst\u00e8me a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un livre par l&rsquo;historien Radu Ioanid.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur reprend tout cela dans le cadre de sa famille, pr\u00e9cisant le contexte historique des moments. C&rsquo;est un travail de recherche assez fouill\u00e9 et document\u00e9 par des r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques. \u00c7a se lit comme un roman mais il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une fiction.<\/p>\n<p>Un bon r\u00e9sum\u00e9 de ce syst\u00e8me est la page de Wikip\u00e9dia : <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Exportation_de_juifs_roumains_de_1958_%C3%A0_1989\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Exportation de juifs roumains de 1958 \u00e0 1989<\/a><\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Ma famille maternelle a quitt\u00e9 la Roumanie communiste en 1961. On pourrait la dire \u00ab\u00a0immigr\u00e9e\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00e9fugi\u00e9e\u00a0\u00bb. Mais ce serait ignorer la v\u00e9rit\u00e9 sur son d\u00e9part d&rsquo;un pays dont nul n&rsquo;\u00e9tait cens\u00e9 pouvoir s&rsquo;\u00e9chapper. Ma m\u00e8re, ma tante, mes grands-parents et mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0export\u00e9s\u00a0\u00bb. Tels des marchandises, ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9s, monnay\u00e9s, vendus \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Comment, en plein coeur de l&rsquo;Europe, des \u00eatres humains ont-ils pu faire l&rsquo;objet d&rsquo;un tel trafic ? Les archives des services secrets roumains r\u00e9v\u00e8lent l&rsquo;innommable : la situation de ceux que le r\u00e9gime communiste ne nommait pas et que, dans ma famille, on ne nommait plus, les juifs.<\/p>\n<p>Moi qui suis n\u00e9e en France, j&rsquo;ai voulu retourner de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du rideau de fer. Comprendre qui nous \u00e9tions, reconstituer les souvenirs d&rsquo;une dynastie prestigieuse, la f\u00e9roce d\u00e9ch\u00e9ance de membres influents du Parti, le r\u00f4le d&rsquo;un obscur passeur, les br\u00fblures d&rsquo;un exil forc\u00e9. Combler les blancs laiss\u00e9s par mes grands-parents et par un pays tout entier face \u00e0 son pass\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c7a se lit comme un roman mais il s&rsquo;agit de journalisme d&rsquo;investigation sur l&rsquo;histoire des juifs en Roumanie et, en particulier, la famille de l&rsquo;auteur. Ce sont des faits peu connus. 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