{"id":2806,"date":"2023-04-11T14:21:06","date_gmt":"2023-04-11T12:21:06","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=2806"},"modified":"2023-04-11T15:27:54","modified_gmt":"2023-04-11T13:27:54","slug":"joseph-kessel-premiere-guerre-mondiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2023\/04\/11\/joseph-kessel-premiere-guerre-mondiale\/","title":{"rendered":"Joseph Kessel &#8211; Premi\u00e8re Guerre mondiale"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2809 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/JosephKessel-PremiereGuerreMondiale-182x300.jpg\" alt=\"\" width=\"182\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/JosephKessel-PremiereGuerreMondiale-182x300.jpg 182w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/JosephKessel-PremiereGuerreMondiale.jpg 304w\" sizes=\"auto, (max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><\/p>\n<p>C&rsquo;est un livre posthume, une s\u00e9lection d&rsquo;\u00e9crits de l&rsquo;\u00e9poque de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. En trois parties : Cahier de novembre 1914, Trois nouvelles (1915-1916) et Souvenirs autobiographiques de la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Vu la date de Copyright (2018), on peut supposer que ce recueil a \u00e9t\u00e9 fait par quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre que Joseph Kessel.<\/p>\n<p>Lors de l&rsquo;\u00e9criture de la premi\u00e8re partie, 1914, Joseph Kessel n&rsquo;avait que 16 ans et, selon ses propres mots, \u00e9tait encore un \u00e9colier, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;est engag\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Nice pour soigner les bless\u00e9s de guerre. Des petits textes d&rsquo;une ou deux pages semblant \u00eatre des notes de son journal. Dans ces textes, il affiche une tr\u00e8s grande maturit\u00e9 litt\u00e9raire et intellectuelle pour traiter des sujets assez divers. Peut-\u00eatre m\u00eame tr\u00e8s \u00e9volu\u00e9s pour son \u00e2ge.<\/p>\n<p>Ensuite, les trois nouvelles : un jeune soldat qui r\u00eavait un uniforme \u00ab\u00a0fantaisie\u00a0\u00bb command\u00e9 par sa famille et qui, finalement, n&rsquo;a pas pu porter. La deuxi\u00e8me nouvelle est en rapport avec la vie dure d&rsquo;une prostitu\u00e9 \u00e0 Paris en temps de guerre. Et la troisi\u00e8me, une nouvelle intemporelle, sur une jeune fille domestique abus\u00e9e par son patron et tomb\u00e9e enceinte. On peut imaginer qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la fiction ou, alors, inspiration de faits divers de son \u00e9poque.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me partie, ce sont des souvenirs du temps de la guerre. Donc, s\u00fbrement \u00e9crits apr\u00e8s sur des faits v\u00e9cus. Lorsqu&rsquo;il a compl\u00e9t\u00e9 ses 18 ans, donc la majorit\u00e9, il s&rsquo;est engag\u00e9 dans l&rsquo;Arm\u00e9e de l&rsquo;Air.<\/p>\n<p>Un livre tr\u00e8s int\u00e9ressent qui se lit d&rsquo;un trait &#8211; juste une centaine de pages. Mais autre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du texte, je rel\u00e8ve quand m\u00eame la qualit\u00e9 litt\u00e9raire qui pr\u00e9sageait d\u00e9j\u00e0 le grand \u00e9crivait qui allait devenir Joseph Kessel.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 78-79)<\/p>\n<blockquote><p>La fermeture des magasins serrait les rands de la foule; et la grande Isabelle roulait plus librement sur ses hanches, fr\u00f4lait plus hardiment les hommes, avec la peur de rentrer seule, de ne trouver personne \u00e0 qui elle vendrait cette nuit.<\/p>\n<p>Car souvent d\u00e9j\u00e0, depuis la guerre, la chasse au m\u00e2le restait infructueuse.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re fois &#8211; une nuit de d\u00e9cembre &#8211; elle avait grelott\u00e9 deux heures les \u00e9paules couvertes d&rsquo;un \u00e2cre brouillard, puis s&rsquo;\u00e9tait couch\u00e9e seule, dans son meubl\u00e9 banal, sans inqui\u00e9tude encore, stup\u00e9faite seulement de ne pas avoir trouv\u00e9 \u00e0 s&#8217;employer dans ce grand creuset d&rsquo;accouplements qu&rsquo;est une nuit parisienne.<\/p>\n<p>Mais de plus en plus fr\u00e9quents se firent les jours o\u00f9 elle rentra bredouille et elle commen\u00e7a \u00e0 perdre son assurance de belle tra\u00eeneuse de trottoirs, confiante en sa chair d\u00e9sirable.<\/p>\n<p>La p\u00e9nurie d&rsquo;hommes s&rsquo;accentuait. Les jeunes gens, ceux qui veulent , qui aiment et qui connaissent l&rsquo;amour se battaient l\u00e0-bas, dans cette lutte monstrueuse, \u00e0 la fois si proche et si lointaine.<\/p>\n<p>Ce soir encore Isabelle ne rencontrerait que des vieillards \u00e9teints, des employ\u00e9s vo\u00fbt\u00e9s et claudicants. Et si par hasard passait un homme, un vrai, \u00e0 la souple allure, aux l\u00e8vres sensuelles, aux gestes de proie, il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 son c\u00f4t\u00e9 une femmes, deux parfois.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres filles se dandinaient avec la m\u00eame question angoiss\u00e9e sur la figure : \u00ab\u00a0Gagnerai-je mon pain ce soir ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Devant un caf\u00e9 Isabelle ralentit le pas. Un petit vieux fixait sur elle un regard g\u00e9latineux et allum\u00e9. Il se d\u00e9cida et l&rsquo;appelait du doigt: \u00ab\u00a0Tu prends quelque chose ? \u00a0\u00bb Puis, imm\u00e9diatement, la bouche baveuse, il chuchota : \u00ab\u00a0Combien prends-tu pour la nuit ?\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Quinze balles, d\u00e9clara-t-elle\u00a0\u00bb.<br \/>\n&#8211; Oh, je ne peux pas ma petite, protesta l&rsquo;autre. Cent sous, si tu veux.<br \/>\n&#8211; Tu te fous de moi, riposta-t-elle. Je ne travaille pas \u00e0 ce prix-l\u00e0. Au revoir, vieux radis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et elle s&rsquo;en alla, contente au fond. Une heure encore elle arpenta les boulevards. Rien \u00e0 faire. C&rsquo;\u00e9tait d\u00e9sesp\u00e9rant.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>\u00abC&rsquo;\u00e9tait avant la guerre quatre ins\u00e9parables dont le plus \u00e2g\u00e9 avait 82 ans et le plus jeune 75.<br \/>\nToujours \u00e0 la m\u00eame heure, toujours dans la m\u00eame direction, par tous les temps, ils faisaient leur promenade sur la fine route blanche, ombrag\u00e9e par les charmes, qui passe devant Arras. La guerre vint.<\/p>\n<p>Et toujours \u00e0 la m\u00eame heure, dans la m\u00eame direction, sur la fine route blanche, \u00e9ventr\u00e9e par les obus, v\u00e9rol\u00e9e par la pluie des shrapnells, sous les charmes \u00e9lanc\u00e9s qui g\u00e9missent au vent des balles, quatre silhouettes se profilent, gr\u00eales, qui vont de nouveau \u00e0 pas menus, avec des gestes calmes et lents.\u00bb<\/p>\n<p>Premi\u00e8re Guerre mondiale est un recueil de textes \u2013 t\u00e9moignages et nouvelles \u2013 \u00e9crits par le jeune Joseph Kessel. Il est marqu\u00e9 par son exp\u00e9rience \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Nice o\u00f9 affluent les premiers bless\u00e9s du front, mais aussi par les bouleversements des hommes et du monde en temps de guerre, sur lesquels il porte un regard poignant, tour \u00e0 tour optimiste et r\u00e9volt\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est un livre posthume, une s\u00e9lection d&rsquo;\u00e9crits de l&rsquo;\u00e9poque de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. En trois parties : Cahier de novembre 1914, Trois nouvelles (1915-1916) et Souvenirs autobiographiques de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. 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