{"id":2888,"date":"2023-04-30T20:28:22","date_gmt":"2023-04-30T18:28:22","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=2888"},"modified":"2023-04-30T22:47:02","modified_gmt":"2023-04-30T20:47:02","slug":"jean-paul-jean-et-denis-salas-barbie-touvier-papon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2023\/04\/30\/jean-paul-jean-et-denis-salas-barbie-touvier-papon\/","title":{"rendered":"Jean-Paul Jean et Denis Salas &#8211; Barbie, Touvier, Papon : Des proc\u00e8s pour la m\u00e9moire"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2892 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/JeanPaulJean-BarbieTouvierPapon-198x300.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/JeanPaulJean-BarbieTouvierPapon-198x300.jpg 198w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/JeanPaulJean-BarbieTouvierPapon.jpg 314w\" sizes=\"auto, (max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit des actes d&rsquo;un colloque organis\u00e9 par l&rsquo;\u00c9cole Nationale de la Magistrature (ENM) autour des proc\u00e8s pour crime contre l&rsquo;humanit\u00e9, dont les principaux, en France, ont \u00e9t\u00e9 ceux de Barbie, Touvier et Papon. Bousquet a \u00ab\u00a0\u00e9chapp\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En effet, suite \u00e0 une loi approuv\u00e9e en 1964 les crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9 sont devenus imprescriptibles. Et c&rsquo;est \u00e7a qui a ouvert la voie, en France, \u00e0 des proc\u00e8s tels ceux de Klaus Barbie, Paul Touvier ou Maurice Papon.<\/p>\n<p>Alors, comment doivent se d\u00e9rouler ces proc\u00e8s qui sortent compl\u00e8tement de l&rsquo;ordinaire de la justice, parfois plus de 50 ans apr\u00e8s les faits ? A la v\u00e9rit\u00e9 juridique peut parfois s&rsquo;opposer l&rsquo;id\u00e9e de paix sociale. Sous cet aspect, juger un \u00e9tranger en fuite (Klaus Barbie) n&rsquo;a pas le m\u00eame impact que juger un citoyen fran\u00e7ais, haut fonctionnaire (Maurice Papon), dont la famille vit toujours en France.<\/p>\n<p>De m\u00eame, Les magistrats n&rsquo;\u00e9taient pas plus que des enfants lors des faits: une g\u00e9n\u00e9ration qui juge des faits d&rsquo;une autre g\u00e9n\u00e9ration. Et puis, les t\u00e9moins, sont-ils encore capables de se rappeler objectivement des faits ? Quel r\u00f4le attacher aux historiens : des t\u00e9moins ou des experts, alors que les codes de proc\u00e9dure p\u00e9nal ne les accepte pas en tans que experts. Et le r\u00f4le de la presse et la pression de la soci\u00e9t\u00e9&#8230; Et tout cela sans parler des man\u0153uvres de proc\u00e9dure d\u00e9clench\u00e9es par la d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Bref, un tas de situations, o\u00f9 des cas de figure, qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vus dans le code de proc\u00e9dure p\u00e9nal en vigueur dans le fonctionnement courant de la justice.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas inutile de rappeler la d\u00e9marche attendue d&rsquo;un historien (on ne parle pas dans ce livre), sur trois points, maintes fois rappel\u00e9e par Johann Chapoutot : collecter les faits, les placer chronologiquement dans le temps et dans leur contexte, identifier les explications et, surtout, r\u00e9sister \u00e0 toute tentation de porter un jugement. Cette d\u00e9marche n&rsquo;est pas suivie par tous les historiens et ce livre donne un exemple d&rsquo;un historien qui a n\u00e9glig\u00e9 certains faits et a ni\u00e9 le g\u00e9nocide arm\u00e9nien.<\/p>\n<p>Il y a un chapitre aussi int\u00e9ressant : \u00ab\u00a0Comment les Allemands ont-ils jug\u00e9 les crimes du nazisme ?\u00a0\u00bb. On apprend que, \u00e0 l&rsquo;exception de ceux jug\u00e9s en Nuremberg, les criminels de premier plan, quasiment tous, n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 punis. D&rsquo;une part parce que leurs crimes ont \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger et d&rsquo;autre part parce que la constitution allemande interdisait l&rsquo;extradition de ses ressortissants pour \u00eatre jug\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Cette derni\u00e8re clause n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 abolie que peu de temps avant la sortie de ce livre (2002). Les autres, quand condamn\u00e9s, n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;a des peines d\u00e9risoires, parfois juste quelques mois.<\/p>\n<p>Livre int\u00e9ressant qui va plaire surtout aux professionnels du droit.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 22)<\/p>\n<blockquote><p>Mais il est une autre rencontre entre le juge et l&rsquo;historien : celle \u00e0 laquelle ont donn\u00e9 lieu les proc\u00e8s de Barbie, Touvier et Papon. Rencontre doublement paradoxale au demeurant. L&rsquo;historien est d\u00e9sorient\u00e9 dans un proc\u00e8s qui le soumet \u00e0 des normes, \u00e0 des questionnements et \u00e0 un rituel qui lui est \u00e9tranger. Lui pour qui l&rsquo;archive judiciaire est un objet d&rsquo;\u00e9tude se trouve plac\u00e9 en position d&rsquo;acteur du proc\u00e8s. Il d\u00e9couvre une m\u00e9moire qui veux, comme lui et parfois contre lui, obtenir sa part de v\u00e9rit\u00e9 historique. Mais le juge n&rsquo;est pas moins d\u00e9rout\u00e9. Il est plac\u00e9 hors de son temps par le jeu de l&rsquo;imprescriptibilit\u00e9. Malgr\u00e9 cela, il doit juger, sans droit \u00e0 l&rsquo;erreur, des actes commis dans un monde r\u00e9volu. Pour pr\u00e9server sa pertinence, son jugement passe n\u00e9cessairement par le regard des historiens. Largement \u00e9trang\u00e8res l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre, les deux approches se retrouvent indissolublement li\u00e9es dans le proc\u00e8s.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Barbier, Touvier, Papon : ces trois noms \u00e9voquent une rencontre majeure entre justice et histoire au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. Rarement l&rsquo;histoire judiciaire nous a donn\u00e9 l&rsquo;occasion de vivre un tel \u00e9v\u00e8nement. A aucun autre moment peut \u00eatre depuis la Lib\u00e9ration, notre pays a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 d&rsquo;une telle fa\u00e7on \u00e0 l&rsquo;histoire de ses ann\u00e9es sombres et aux blessures de sa m\u00e9moire, au carrefour des v\u00e9rit\u00e9s historiques et judiciaires, des responsabilit\u00e9s individuelles et collectives. En d\u00e9pit des nombreux livres, des t\u00e9moignages recueillis et comment\u00e9s, aucun bilan global n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 avec les acteurs eux-m\u00eames. Tel est le pari de ce livre.<\/p>\n<p>Avocats, magistrats, journalistes et historiens \u00e9changent librement \u00e0 partir de ces temps forts de leur vie professionnelle. Pour la premi\u00e8re fois, un ouvrage remet en perspective commune ces trois grands proc\u00e8s &#8211; ainsi que celui qui n&rsquo;a pas eu lieu, Bousquet &#8211; avec ceux qui les ont v\u00e9cus et les meilleurs sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Mais s&rsquo;ils ach\u00e8vent une p\u00e9riode historique, les proc\u00e8s de Barbie, de Touvier et de Papon sont aussi essentiels pour juger les crimes de demain. Ces d\u00e9bats nourrissent aussi la r\u00e9flexion contemporaine sur la place que peut d\u00e9sormais tenir la justice sur la sc\u00e8ne internationale en mati\u00e8re de crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, \u00e0 propos des \u00e9v\u00e8nements d\u2019Alg\u00e9rie, des Balkans, ou des attentats du 114 septembre 2001.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s&rsquo;agit des actes d&rsquo;un colloque organis\u00e9 par l&rsquo;\u00c9cole Nationale de la Magistrature (ENM) autour des proc\u00e8s pour crime contre l&rsquo;humanit\u00e9, dont les principaux, en France, ont \u00e9t\u00e9 ceux de Barbie, Touvier et Papon. Bousquet a \u00ab\u00a0\u00e9chapp\u00e9\u00a0\u00bb. 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