{"id":3001,"date":"2023-06-29T00:37:13","date_gmt":"2023-06-28T22:37:13","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3001"},"modified":"2023-06-29T11:44:51","modified_gmt":"2023-06-29T09:44:51","slug":"david-le-breton-a-corps-perdu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2023\/06\/29\/david-le-breton-a-corps-perdu\/","title":{"rendered":"David Le Breton &#8211; \u00c0 corps perdu&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3004 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/DavidLeBreton-ACorpsPerdu-186x300.jpg\" alt=\"\" width=\"186\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/DavidLeBreton-ACorpsPerdu-186x300.jpg 186w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/DavidLeBreton-ACorpsPerdu-635x1024.jpg 635w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/DavidLeBreton-ACorpsPerdu-768x1239.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/DavidLeBreton-ACorpsPerdu-952x1536.jpg 952w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/DavidLeBreton-ACorpsPerdu-1270x2048.jpg 1270w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/DavidLeBreton-ACorpsPerdu.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 186px) 100vw, 186px\" \/><\/p>\n<p>Ce livre fait partie d&rsquo;une s\u00e9rie : \u00ab\u00a0Penser le sport\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>David Le Breton est un anthropologue dont le sujet de recherche est le \u00ab\u00a0Corps\u00a0\u00bb du point de vue de son domaine. Il a \u00e9crit des tr\u00e8s nombreux livres dont les th\u00e8mes donnent une id\u00e9e : les visages, le sourire, le rire, le silence, les tatouages, le transhumanisme, la marche, les \u00e9motions, &#8230; Bref, tout ce qui nous lie \u00e0 cette carcasse qui nous porte et qui fait un avec nous. C&rsquo;est un auteur que j&rsquo;appr\u00e9cie beaucoup.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie de l&rsquo;ouvrage, la plus longue, est le r\u00e9cit d&rsquo;un entretien conduit par Fran\u00e7ois Lyvonnet : on a une vue d&rsquo;ensemble de ses travaux. C&rsquo;est, bien s\u00fbr, une vue tr\u00e8s r\u00e9duite, mais c&rsquo;est assez int\u00e9ressante. Il arrive \u00e0 parler, un petit peu, de sport, provoqu\u00e9 par l&rsquo;interviewer. La deuxi\u00e8me partie, juste d&rsquo;une dizaine de pages, est enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e au sport.<\/p>\n<p>Ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 lu cet auteur auront l&rsquo;impression du \u00ab\u00a0d\u00e9j\u00e0 vu\u00a0\u00bb, au moins en partie. Les autres auront une vision d&rsquo;ensemble de ses travaux et pourront aller piocher dans divers ouvrages qui sont, \u00e0 mon avis, tr\u00e8s int\u00e9ressants.<\/p>\n<p>Par contre, je ne peux ne pas commenter une partie de ce livre concernant les neurosciences, dont je ne suis pas du tout d&rsquo;accord &#8211; voir citation de la page 19. Il va m\u00eame \u00e0 contester l&rsquo;utilit\u00e9 des \u00ab\u00a0sommes consid\u00e9rables allou\u00e9es pour ces recherches\u00a0\u00bb (gaspillage ???). Je ne pense pas non plus que, comme il le dit, les neuroscientifiques partagent son point de vue.<\/p>\n<p>Voyons quelques arguments :<\/p>\n<p>Lionel Naccache, dans le livre \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2023\/04\/18\/lionel-naccache-lhomme-reseau-nable\/\">L&rsquo;Homme r\u00e9seau-nable<\/a>\u00a0\u00bb montre comment comprendre le fonctionnement des neurones lors d&rsquo;une crise d&rsquo;\u00e9pilepsie permet de comprendre le fonctionnement d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 lors d&rsquo;une campagne de diffusion de fausses nouvelles (<em>fake-news<\/em>). Donc, les neurosciences \u00e0 l&rsquo;aide de la sociologie.<\/p>\n<p>Encore dans la m\u00eame situation, on voit que comprendre comment fonctionne la communication entre les neurones lors d&rsquo;une crise d&rsquo;\u00e9pilepsie &#8211; une communication d\u00e9sordonn\u00e9e entre tous les neurones, permet de valider un m\u00e9dicament capable d&rsquo;inhiber ces communications et mettre fin \u00e0 la crise. Donc, les neurosciences \u00e0 l&rsquo;aide de la m\u00e9decine et de la psychiatrie.<\/p>\n<p>Aussi, lorsqu&rsquo;il dit <em>\u00ab\u00a0ce n&rsquo;est pas le cerveau qui pense\u00a0\u00bb<\/em>, il me semble qu&rsquo;il a tort. L&rsquo;activit\u00e9 de r\u00e9flexion se passe enti\u00e8rement dans le cerveau et le contenu est enregistr\u00e9 aussi dans le cerveau mais, bien entendu, ce contenu fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des choses qui se passent ailleurs.<\/p>\n<p>On peut voir l&rsquo;approche anthropologique comme une approche macroscopique tandis que l&rsquo;approche des neurosciences serait une approche microscopique. D&rsquo;autre part, l&rsquo;anthropologie fait partie des sciences humaines tandis que les neurosciences sont \u00e0 cheval entre les sciences exactes et les sciences m\u00e9dicales. Donc, des domaines compl\u00e8tement diff\u00e9rents mais compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Finalement, je vois dans la remarque de David Le Breton, une pr\u00e9occupation avec le financement relatif des deux domaines de recherche. Et bien, tous les domaines de recherche ont ce probl\u00e8me, et cela n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec ce que chaque domaine apporte \u00e0 la connaissance.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dommage !!! Je continue \u00e0 m&rsquo;int\u00e9resser par les \u00e9crits de David Le Breton mais \u00e0 partir de maintenant les lirai avec une attention plus importante pour \u00e9viter les divagations hors sujet.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 19)<\/p>\n<blockquote><p>Je suis extr\u00eamement critique envers les neurosciences parce que ce n&rsquo;est pas notre cerveau qui pense. Nous pensons \u00e0 travers la totalit\u00e9 de notre corps, \u00e0 partir de notre histoire personnelle, de notre appartenance sociale, culturelle, de notre appartenance de genre de notre singularit\u00e9. Si je suis en train de lire, assis sur un banc, et que je songe \u00e0 un souvenir de marche dans la for\u00eat, cela \u00e9claire des zones de mon cerveau, mais cela ne nous apprend rien du contenu de ma pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a une infinit\u00e9 de mani\u00e8res de penser \u00e0 la for\u00eat. Les neurosciences occultent la dimension du sens, la dimension des valeurs et confinent au f\u00e9tichisme du cerveau. Des sommes consid\u00e9rables sont allou\u00e9es pour ces recherches qui, somme toute, selon les neuroscientifiques eux-m\u00eames, ne nous apprennent pas grand-chose alors que la recherche sur le terrain des sciences sociales rencontre des vrais difficult\u00e9s de mise en \u0153uvre.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 35)<\/p>\n<blockquote><p><strong>Adieu au corps<\/strong><\/p>\n<p>Nous observons une pluralit\u00e9 des corps. D&rsquo;innombrables visions du monde s&rsquo;affrontent, coexistent, se m\u00e9tissent&#8230; Il y a en effet un salut par le corps que porte notamment cette tyrannie des apparences dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Mais, en m\u00eame temps, il y a une haine du corps, particuli\u00e8rement chez les transhumanistes, mais aussi dans une frange technophile convaincue que le corps est obsol\u00e8te, d\u00e9pass\u00e9\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il est une sorte de fossile d&rsquo;une vieille humanit\u00e9 qui n&rsquo;en a plus pour longtemps. Le salut se manifeste \u00e0 travers l&rsquo;effacement du corps (cf. L&rsquo;Adieu au corps, M\u00e9talli\u00e9, 1999). On assiste \u00e0 un discours de m\u00e9pris \u00e0 l&rsquo;encontre du corps tenu par des scientifiques, notamment am\u00e9ricains, souvent extr\u00eamement puritains, qui ne supportent pas la limite. Ils sont dans une haine du d\u00e9sir, pour reprendre un titre de Daniel Sibony. Ils veulent absolument tout contr\u00f4ler, canaliser. Ce qui d\u00e9passe, d\u00e9borde, exc\u00e8de leur est insupportable. Ils ambitionnent ni plus ni moins de ma\u00eetriser le monde pour atteindre l&rsquo;immortalit\u00e9, la sant\u00e9 parfaite, en t\u00e9l\u00e9chargeant nos esprits sur des supports informatiques, en reconstruisant nos corps \u00e0 l&rsquo;aide de proth\u00e8ses jusqu&rsquo;\u00e0 l'\u00a0\u00bbhomme cyborg\u00a0\u00bb. On est donc bien dans la haine du corps. Le corps est le lieu de la mort, de la maladie, le vieillissement. Voil\u00e0 la pens\u00e9e de ces technoproph\u00e8tes masculins. Il n&rsquo;y a pratiquement pas de femmes dans le transhumanisme. Ce courant de pens\u00e9e est incroyablement genr\u00e9. C&rsquo;est un discours masculin, un discours de ma\u00eetrise et de domination.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Supprimons le corps, nous supprimerons la mort, la maladie, le vieillissement. Voila pens\u00e9e des technoproph\u00e8tes. (&#8230;) La technique devient une religiosit\u00e9, un technoproph\u00e9tisme, une voie de salut pour d\u00e9livrer l&rsquo;homme de ses anciennes limites, pos\u00e9es d\u00e9sormais comme des pesanteurs. Exigence d&rsquo;une libert\u00e9 que plus rien ne borne sinon le d\u00e9sir, et surtout pas la responsabilit\u00e9. Mais dans le contexte social du technocapitalisme o\u00f9 il importe toujours d&rsquo;augmenter les performances dans l&rsquo;indiff\u00e9rence aux autres, en aucun cas il ne s&rsquo;agit d&rsquo;augmenter le go\u00fbt de vivre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote><p>Le sportif de haut niveau est-il cet \u00ab\u00a0extr\u00eame contemporain\u00a0\u00bb condamn\u00e9 \u00e0 voir dispara\u00eetre son propre corps par \u00e9puisement \u00e0 vouloir \u00eatre \u00e0 la hauteur des performances et des innovations techniques. L&rsquo;homme sensible doit-il c\u00e9der et s&rsquo;hybrider \u00e0 la machine, \u00e0 l&rsquo;inerte, pour satisfaire aux performances physiques attendues sur les stades ? Charge \u00e0 l&rsquo;exosquelette de battre les successeurs d&rsquo;Usain Bolt ?<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre fait partie d&rsquo;une s\u00e9rie : \u00ab\u00a0Penser le sport\u00a0\u00bb. David Le Breton est un anthropologue dont le sujet de recherche est le \u00ab\u00a0Corps\u00a0\u00bb du point de vue de son domaine. 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