{"id":3045,"date":"2023-09-26T01:34:50","date_gmt":"2023-09-25T23:34:50","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3045"},"modified":"2023-09-26T01:58:30","modified_gmt":"2023-09-25T23:58:30","slug":"monique-horwitz-guerin-dans-la-tete-du-medecin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2023\/09\/26\/monique-horwitz-guerin-dans-la-tete-du-medecin\/","title":{"rendered":"Monique Horwitz-Gu\u00e9rin &#8211; Dans la t\u00eate du m\u00e9decin"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3048 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/MoniqueHorwitzGuerin-DansLaTeteDuMedecin-205x300.jpg\" alt=\"\" width=\"205\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/MoniqueHorwitzGuerin-DansLaTeteDuMedecin-205x300.jpg 205w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/MoniqueHorwitzGuerin-DansLaTeteDuMedecin-700x1024.jpg 700w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/MoniqueHorwitzGuerin-DansLaTeteDuMedecin-768x1124.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/MoniqueHorwitzGuerin-DansLaTeteDuMedecin.jpg 1025w\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" \/>Monique Horwitz-Gu\u00e9rin est m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Elle a exerc\u00e9 en cabinet pendant 43 ans et enseign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris-Descartes pendant plus de 30 ans. Elle est, vraisemblablement \u00e0 la retraite.<\/p>\n<p>Je me suis int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce livre pour des questions personnelles et je l&rsquo;ai trouv\u00e9 fortement int\u00e9ressant, pas juste pour les non m\u00e9decins comme moi mais aussi, s\u00fbrement, les m\u00e9decins en d\u00e9but de carri\u00e8re et pourquoi pas les m\u00e9decins exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<p>Monique Horwitz passe en revue exhaustivement, je crois, tout ce qui passe par la t\u00eate d&rsquo;un m\u00e9decin : allant des anecdotes du temps d&rsquo;\u00e9tudiante, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa carri\u00e8re. Tout passe : les rapports avec ses patients, ses doutes concernant l&rsquo;\u00e9thique m\u00e9dicale, les \u00e9pid\u00e9mies, les coll\u00e8gues, fin de vie, acharnement th\u00e9rapeutique et euthanasie, &#8230;<\/p>\n<p>Un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste a des particularit\u00e9s que l&rsquo;on trouve dans peu d&rsquo;autres sp\u00e9cialit\u00e9s : il accompagne les patients sur une dur\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s longue (m\u00e9decin traitant), parfois jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de vie, et est le premier interlocuteur sur l&rsquo;ensemble des maladies ou dysfonctionnements biologiques. Cela fait qu&rsquo;il \u00e9tablit, naturellement, des liens durables avec les patients, qui peuvent parfois \u00eatre positifs mais pas toujours. Les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes d\u00e9veloppent aussi un sens d&rsquo;observation assez pointu : elle cite un exemple d&rsquo;un patient dont elle a observ\u00e9 sa d\u00e9marche pour se lever de sa chaise dans la salle d&rsquo;attente pour entrer dans son cabinet. Les gestes, la fa\u00e7on de parler, &#8230; peuvent \u00eatre caract\u00e9ristiques de certaines maladies. Une autre sp\u00e9cialit\u00e9 qui partage ces caract\u00e9ristiques est la p\u00e9diatrie. La diff\u00e9rence est que le p\u00e9diatre s&rsquo;occupe de l&rsquo;arriv\u00e9e dans ce monde, tandis que le g\u00e9n\u00e9raliste s&rsquo;occupe de son s\u00e9jour jusqu&rsquo;au d\u00e9part.<\/p>\n<p>Une autre particularit\u00e9 de cette femme m\u00e9decin est qu&rsquo;elle a fait ses \u00e9tudes dans les ann\u00e9es 70 et a travaill\u00e9 jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 2010-2020. C&rsquo;est une p\u00e9riode o\u00f9 il y a eu une avanc\u00e9e technique importante dans une p\u00e9riode courte : l&rsquo;arriv\u00e9e des ordinateurs, un tas d&rsquo;examens qui n&rsquo;existaient pas auparavant et m\u00eame des m\u00e9dicaments. Elle a v\u00e9cu cette transition et elle nous fait part.<\/p>\n<p>Elle mentionne un autre livre dans ce genre : \u00ab\u00a0La maladie de Sachs\u00a0\u00bb, de Martin Winckler (je ne l&rsquo;ai pas lu). Ce livre semble int\u00e9ressant mais il ne couvre pas cette transition technologique v\u00e9cue par Monique Horwitz-Gu\u00e9rin, et ce m\u00e9decin n&rsquo;a pas pratiqu\u00e9 autant qu&rsquo;elle. Son livre est du v\u00e9cu.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 160)<\/p>\n<blockquote><p>Le souci de l&rsquo;autre, l&#8217;empathie ont pris place dans tous les services hospitaliers. Je me souviens des salles communes d&rsquo;un grand h\u00f4pital parisien, o\u00f9 je faisais un stage d&rsquo;externe il y a cinquante ans. Chaque salle, de format rectangulaire, contenait vingt lits, dix sur chaque mur de la longueur. C&rsquo;est de cette organisation en salles communes de vingt lis que vient le nom de l&rsquo;h\u00f4pital Quinze-Vingt (quinze salles de vingt lits, soit trois cents places), qui affichait une belle innovation lors de sa cr\u00e9ation, en 1260, par Saint-Louis : il \u00e9tait destin\u00e9 aux nombreux aveugles revenant des croisades.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 162)<\/p>\n<blockquote><p>Pour les \u00e9tudiants en m\u00e9decine, se plonger dans le r\u00e9cit des m\u00e9decins qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, ce n&rsquo;est pas faire de l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine au sens o\u00f9 l&rsquo;entendent les historiens, c&rsquo;est se soucier du cheminement de la pens\u00e9e m\u00e9dicale depuis les origines de l&rsquo;humanit\u00e9. S&rsquo;interroger sur les croyances primitives, comprendre les h\u00e9sitations, les doutes, les erreurs des anciens, aide \u00e0 se rapprocher de la conception que les malades se font, actuellement, de leur maladie et des r\u00e9ticences qu&rsquo;ils peuvent avoir vis-\u00e0-vis de tel traitement, de telle vaccination. C&rsquo;est aussi en lisant les descriptions de maladies, souvent plus fines et plus pr\u00e9cises dans les ouvrages anciens que dans ceux que l&rsquo;on \u00e9tudie aujourd&rsquo;hui que se d\u00e9veloppent le go\u00fbt de la clinique, la finesse des diagnostics sans l&rsquo;aide d&rsquo;examens compl\u00e9mentaires. L&rsquo;analyse critique des jeunes m\u00e9decins, ainsi aliment\u00e9e par ce regard sur le pass\u00e9, se d\u00e9velopperait d&rsquo;une fa\u00e7on plus humaniste en s&rsquo;opposant aux apprentissages qui privil\u00e9gient l&rsquo;abord scientifique et biom\u00e9dical de la maladie.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Au d\u00e9but, il y a le silence. Celui qui m&rsquo;est n\u00e9cessaire. Le calme avant d&rsquo;agir. Arriver avant les patients, avant les premiers appels. \u00c9couter l&rsquo;immeuble se r\u00e9veiller, la ville s&rsquo;animer. Ranger quelques dossiers, trier quelques papiers, regarder le planning, les rendez-vous, d\u00e9brancher le r\u00e9pondeur, ouvrir l&rsquo;ordinateur, scanner ce qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 fait la veille, trop fatigu\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;heure de rentrer. Attendre le premier coup de t\u00e9l\u00e9phone, la sonnette qui va retentir. Et puis commencer \u00e0 r\u00e9pondre, \u00e0 parler, \u00e0 conseiller, \u00e0 organiser. La vie quotidienne du m\u00e9decin s&rsquo;\u00e9veille au rythme qu&rsquo;il imprime, \u00e0 la vitesse que les malades imposent chaque jour. Le cabinet reste son antre.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monique Horwitz-Gu\u00e9rin est m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Elle a exerc\u00e9 en cabinet pendant 43 ans et enseign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris-Descartes pendant plus de 30 ans. Elle est, vraisemblablement \u00e0 la retraite. 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