{"id":3054,"date":"2023-11-14T15:32:24","date_gmt":"2023-11-14T14:32:24","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3054"},"modified":"2023-11-14T15:42:42","modified_gmt":"2023-11-14T14:42:42","slug":"philippe-simonnot-le-brun-et-le-vert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2023\/11\/14\/philippe-simonnot-le-brun-et-le-vert\/","title":{"rendered":"Philippe Simonnot &#8211; Le brun et le vert"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3056 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/PhilippeSimonnot-LeBrunEtLeVert-195x300.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/PhilippeSimonnot-LeBrunEtLeVert-195x300.jpg 195w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/PhilippeSimonnot-LeBrunEtLeVert-667x1024.jpg 667w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/PhilippeSimonnot-LeBrunEtLeVert-768x1180.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/PhilippeSimonnot-LeBrunEtLeVert.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/>Philippe Simonnot est un \u00e9conomiste et journaliste fran\u00e7ais d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2022.<\/p>\n<p>Ce livre commence par raconter le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9cologie : concept cr\u00e9\u00e9 par Ernst Haeckel dans les ann\u00e9es 1850. Biologiste int\u00e9ress\u00e9 par la Th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution de Darwin, c&rsquo;est le premier \u00e9cologiste. Ce qui est \u00e0 retenir de la th\u00e9orie de Haeckel est, d&rsquo;une part, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat par la nature et, d&rsquo;autre part, un \u00ab\u00a0darwinisme social\u00a0\u00bb o\u00f9 la s\u00e9lection naturelle s&rsquo;appliquait aussi \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et aux races.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur, d\u00e8s le d\u00e9but du livre, fait part de son d\u00e9saccord avec Johann Chapoutot, historien, au sujet du point de vue des nazis sur la nature (voir citation). Je ne suis pas, bien entendu, capable de trancher mais j&rsquo;ai un point de vue. Leur d\u00e9saccord est plut\u00f4t sur leurs conclusions que sur les faits, et je penche plut\u00f4t vers celui de Johann Chapoutot.<\/p>\n<p>Hermann G\u00f6ring \u00e9tait un adepte de la chasse et a cr\u00e9\u00e9 des lois pour prot\u00e9ger les forets, des lois qui sont rest\u00e9es valables longtemps apr\u00e8s la fin de la guerre. On retrouve le concept de Dawerwald &#8211; for\u00eat \u00e9ternelle &#8211; concept assez li\u00e9 au nazisme puisqu&rsquo;il fallait \u00e9liminer les arbres de \u00ab\u00a0moindre valeur\u00a0\u00bb avec un crit\u00e8re similaire \u00e0 la race.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres scientifiques ont d\u00e9velopp\u00e9 une agriculture biodynamique, un syst\u00e8me de production agricole sans intrants de synth\u00e8se issu du courant \u00e9sot\u00e9rique et pseudo-scientifique de l&rsquo;anthroposophie. Ceci n&rsquo;a pas pu exister que gr\u00e2ce \u00e0 Himmler qui \u00e9tait adepte du courant \u00e9sot\u00e9rique.<\/p>\n<p>Il faut aussi remarquer que l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab\u00a0ressources limit\u00e9es\u00a0\u00bb de la nature n&rsquo;\u00e9tait pas encore en vogue puisque ce constat n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 s\u00e9rieusement qu&rsquo;a partir des ann\u00e9es 70 avec le rapport Meadows (The Limits to Growth).<\/p>\n<p>Donc, il me semble que la pr\u00e9occupation des nazis avec la nature n&rsquo;a quasiment rien \u00e0 voir avec celle de nos jours.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, c&rsquo;est un ouvrage int\u00e9ressant et je ne connais pas d&rsquo;autre \u00e9quivalent (mais peut-\u00eatre qu&rsquo;il y en a).<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 178)<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Il est certain qu&rsquo;un jour viendra o\u00f9 l&rsquo;humanit\u00e9, ne pouvant plus faire face aux besoins de sa population croissante par l&rsquo;augmentation du rendement du sol, devra limiter l&rsquo;accroissement du nombre des humains. Elle laissera la nature se prononcer, ou bien elle essaiera d&rsquo;\u00e9tablir elle-m\u00eame un \u00e9quilibre : par des moyens plus appropri\u00e9s que les moyens actuels, esp\u00e9rons-le; mais alors tous les peuples seront touch\u00e9s, tandis que maintenant seules sont atteintes les races qui n&rsquo;ont plus assez de force pour s&rsquo;assurer le sol qui leur est n\u00e9cessaire en ce monde. Car les choses sont pourtant telles que, \u00e0 notre \u00e9poque, il y a encore d&rsquo;immenses \u00e9tendues de sol inutilis\u00e9, sol qui n&rsquo;attend que d&rsquo;\u00eatre exploit\u00e9. Et il est s\u00fbr aussi que ce sol n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 par la nature comme territoire r\u00e9serv\u00e9 dans les temps \u00e0 venir \u00e0 une nation ou \u00e0 une race d\u00e9termin\u00e9e. Il est certain, au contraire, qu&rsquo;il est destin\u00e9 au peuple qui aura la force de le prendre et l&rsquo;activit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 son exploitation. [&#8230;] La nature ne conna\u00eet pas de fronti\u00e8res politiques. Elle place des \u00eatres vivants les uns \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres sur le globe terrestre, et contemple le livre jeu de forces. Le plus fort en courage et en activit\u00e9, enfant de pr\u00e9dilection de la nature, obtiendra le noble droit de vivre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur de Mein Kampf se montre ici en avance sur son temps. A un moment ou \u00e0 un autre, ose-t-il pr\u00e9voir, le probl\u00e8me de la surpopulation se posera fatalement. Mais cette question, selon lui, sera r\u00e9solue par la loi du plus fort.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 194 &#8211; Notes)<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0la nature pris\u00e9e par les nazis n&rsquo;est pas celle des naturalistes et autres \u00e9cologistes, mais une nature sommairement darwinienne, plus germanis\u00e9e qu&rsquo;anthropis\u00e9e. Elle n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;amour et le respect de la biodiversit\u00e9. Et de fa\u00e7on concr\u00e8te, tant sur un plan civil que militaire, les nazis se sont montr\u00e9s de redoutables destructeurs de la nature, tant sur le plan de l&rsquo;agriculture que sur celui de l&rsquo;am\u00e9nagement du territoire. Il est temps d&rsquo;en finir avec une approximation inepte\u00a0\u00bb, \u00e9crit l&rsquo;historien Johann CHAPOUTOT dans \u00ab\u00a0Nazisme, environnement, \u00e9cologie\u00a0\u00bb, La Pens\u00e9e \u00e9cologique 2019\/2 (n\u00b0 4), pages 26 \u00e0 30. Nous pensons tout le contraire, et nous \u00e9tonnons qu&rsquo;un historien aussi comp\u00e9tent se livrer \u00e0 une telle d\u00e9n\u00e9gation. Notons que Chapoutot, plus r\u00e9cemment, s&rsquo;est livr\u00e9 \u00e0 une int\u00e9ressante \u00e9tude sur l&rsquo;origine nazie du management (Chapoutot, 2020) (voir note *). Un sujet tr\u00e8s \u00e0 la mode dans les ann\u00e9es 1970, aujourd&rsquo;hui moins sensible que l&rsquo;\u00e9cologie.<\/p><\/blockquote>\n<p>* Il s&rsquo;agit du livre \u00ab\u00a0Libres d&rsquo;ob\u00e9ir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>C&rsquo;est une page d&rsquo;histoire oubli\u00e9e ou m\u00e9connue qu&rsquo;exhume ici Philippe Simonnot. Celle des liens que, \u00e0 l&rsquo;entour des ann\u00e9es 1930, le nazisme ascendant a entretenus avec l&rsquo;\u00e9cologie \u00e9mergente.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une page d&rsquo;histoire oubli\u00e9e ou m\u00e9connue qu&rsquo;exhume ici Philippe Simonnot. Celle des liens que, \u00e0 l&rsquo;entour des ann\u00e9es 1930, le nazisme ascendant a entretenus avec l&rsquo;\u00e9cologie \u00e9mergente. Comment expliquer ce rapport troublant ? Quelle conception le Troisi\u00e8me Reich pr\u00f4nait-il de la nature ? Quelles lois \u00e9dicta-t-il en faveur de l&rsquo;agriculture, de la cr\u00e9ation de parcs nationaux, de la protection des for\u00eats ou des animaux ? \u00c0 quelle repr\u00e9sentation de l&rsquo;environnement se r\u00e9f\u00e9rait-il ?<\/p>\n<p>\u00c0 travers un examen minutieux des th\u00e9ories et des mesures nazies dans ce domaine, mais aussi \u00e0 travers un d\u00e9cryptage in\u00e9dit des thurif\u00e9raires de cette tendance, Ernst Haeckl, Walther Schoenichen ou Richard Walther Darr\u00e9, Philippe Simonnot d\u00e9m\u00eale les fils de toute une g\u00e9n\u00e9alogie id\u00e9ologique. L&rsquo;\u00e9cologisme dont se revendiquait le nazisme reposait sur l&rsquo;id\u00e9alisation d&rsquo;une nature sauvage m\u00e2tin\u00e9e de darwinisme social, porteuse d&rsquo;une exaltation de la force et d&rsquo;une aspiration pa\u00efenne \u00e0 la volont\u00e9 de puissance. Elle participait en fait de l&rsquo;antihumanisme fondamental de ce totalitarisme.<br \/>\nUne contribution \u00e0 l&rsquo;histoire des id\u00e9es sur une appropriation qu&rsquo;il faut conna\u00eetre pour pouvoir mieux la critiquer et la contester.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Philippe Simonnot est un \u00e9conomiste et journaliste fran\u00e7ais d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2022. Ce livre commence par raconter le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9cologie : concept cr\u00e9\u00e9 par Ernst Haeckel dans les ann\u00e9es 1850. 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