{"id":3208,"date":"2024-03-08T22:10:51","date_gmt":"2024-03-08T21:10:51","guid":{"rendered":"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3208"},"modified":"2024-03-09T20:07:31","modified_gmt":"2024-03-09T19:07:31","slug":"pascal-bruckner-le-sacre-des-pantoufles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2024\/03\/08\/pascal-bruckner-le-sacre-des-pantoufles\/","title":{"rendered":"Pascal Bruckner &#8211; Le sacre des pantoufles"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3209 alignright\" src=\"http:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/PascalBruckner-LeSacreDesPantoufles-190x300.jpg\" alt=\"\" width=\"190\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/PascalBruckner-LeSacreDesPantoufles-190x300.jpg 190w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/PascalBruckner-LeSacreDesPantoufles-649x1024.jpg 649w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/PascalBruckner-LeSacreDesPantoufles-768x1211.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/PascalBruckner-LeSacreDesPantoufles.jpg 951w\" sizes=\"auto, (max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/>C&rsquo;est une s\u00e9rie historique. L&rsquo;auteur commence avec Oblomov de Ivan Gontcharov. Un gars qui a pass\u00e9 sa vie entre le lit et le canap\u00e9. Le comble a \u00e9t\u00e9 le confinement de la pand\u00e9mie. Le pantouflage de Oblomov a \u00e9t\u00e9 choisi tandis que celui de la pand\u00e9mie, impos\u00e9. Mais&#8230; est-ce qu&rsquo;on a aim\u00e9 ?<\/p>\n<p>Pascal Bruckner a recherch\u00e9 dans les \u00e9crits, fiction ou pas, situations qui font que le pantouflage peut devenir une envie latente.<\/p>\n<p>On ne peut ne pas parler d&rsquo;internet, les t\u00e9l\u00e9phones portables, les r\u00e9seaux sociaux, &#8230; qui font qu&rsquo;on est, en apparence en contact avec quelqu&rsquo;un sans devoir sortir de son lit. Mais il y a un tas d&rsquo;autres raisons : le d\u00e9faitisme, la sensation de manque d&rsquo;avenir, le cocooning, &#8230;<\/p>\n<p>Cette envie de rester chez soi \u00e0 ne rien faire est devenue r\u00e9alit\u00e9 avec le confinement. Possibilit\u00e9 de rester en pyjama toute la journ\u00e9e, tout en t\u00e9l\u00e9travaillant. Des posts dans les r\u00e9seaux sociaux ont montr\u00e9 des situations cocasses telles le coup de la vid\u00e9o en route pendant que le t\u00e9l\u00e9travailleur se l\u00e8ve et appara\u00eet juste en slip.<\/p>\n<p>Le confinement est fini, mais il a valid\u00e9 le t\u00e9l\u00e9travail qui s&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Avec beaucoup d&rsquo;avantages aussi bien pour les employeurs que pour les employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Livre int\u00e9ressant qui montre, parfois avec humour, que le pantouflage est, pour beaucoup, une tendance naturelle.<\/p>\n<p>En effet, pour les introvertis qui ont envie ou besoin d&rsquo;avoir beaucoup de moments de solitude, c&rsquo;est parfait. Par contre, le risque de casser des liens sociaux, de g\u00e9n\u00e9rer un individualisme excessif, est important.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 33)<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Tout le malheur des hommes est de ne savoir pas demeurer en repos dans leur chambre\u00a0\u00bb, disait Pascal. Et il poursuit : \u00ab\u00a0De l\u00e0 vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement, de l\u00e0 vient que la prison est un supplice si horrible. De l\u00e0 vient que le plaisir de la solitude est une chose si incompr\u00e9hensible.\u00a0\u00bb On pourrait lui r\u00e9torquer que tout leur malheur dans les ann\u00e9es \u00e0 venir sera peut-\u00eatre de ne plus vouloir quitter leur chambre. Ce qui les menacera alors sera moins le virus que l&rsquo;inaction, moins le risque de tomber malade que de p\u00e9rir d&rsquo;ennui. N&rsquo;en d\u00e9plaise \u00e0 Pascal, le divertissement est essentiel, la futilit\u00e9 vitale, le voyage indispensable et sans ces entractes qui interrompent le quotidien, l&rsquo;existence ressemblerait vite \u00e0 une p\u00e9nitence : entre la m\u00e9ditation sur la mis\u00e8re de l&rsquo;homme sans Dieu et la distraction, il y a un troisi\u00e8me terme que Pascal, homme d&rsquo;Ancien R\u00e9gime, ne pouvait concevoir : l&rsquo;action et le travail.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Deux grandes id\u00e9ologies dominent nos soci\u00e9t\u00e9s occidentales : le d\u00e9clinisme et le catastrophisme.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle, tous les \u00e9v\u00e9nements semblent confirmer ce pronostic : le r\u00e9chauffement climatique, le terrorisme islamiste, le coronavirus et, enfin, la guerre \u00e0 l\u2019Est de l\u2019Europe de la Russie contre l\u2019Ukraine.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette situation, la doxa veut que le seul recours raisonnable soit de r\u00e9int\u00e9grer le foyer, dernier refuge et protection contre la sauvagerie. Mais la maison de nos jours n\u2019est pas un simple abri, elle est bien davantage: un espace en soi qui supplante et remplace le monde, un cocon connect\u00e9 qui rend peu \u00e0 peu superflu toute perc\u00e9e vers le dehors. Depuis son canap\u00e9, on peut jouir par procuration des plaisirs qu\u2019offraient jadis le cin\u00e9ma, le th\u00e9\u00e2tre, les caf\u00e9s. Tout ou presque peut nous \u00eatre livr\u00e9 \u00e0 domicile, y compris l\u2019amour. Pourquoi d\u00e8s lors sortir et s\u2019exposer ? A l\u2019instar du h\u00e9ros de la litt\u00e9rature russe Oblomov, qui v\u00e9cut couch\u00e9 et ne parvint jamais \u00e0 quitter son lit pour affronter l\u2019existence, allons-nous devenir des \u00eatres diminu\u00e9s, recroquevill\u00e9s et atones ?<\/p>\n<p>Tout l\u2019enjeu de cet essai est de dresser l\u2019arch\u00e9ologie de cette mentalit\u00e9 du repli et du renoncement, d\u2019en saisir les racines philosophiques et les contours historiques. Car jamais la tension entre le d\u00e9sir de vagabondage et le go\u00fbt de la r\u00e9clusion n\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi forte. Et le confinement obligatoire, v\u00e9ritable cauchemar des derni\u00e8res ann\u00e9es, semble avoir \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 chez beaucoup par un auto-confinement volontaire.<\/p>\n<p>Fuite loin des villes, t\u00e9l\u00e9travail, condamnation du voyage et du tourisme, nous risquons de devenir des cr\u00e9atures de terrier qui se calfeutrent \u00e0 la moindre secousse. Ce n\u2019est pas la tyrannie sanitaire qui nous menace mais la tyrannie s\u00e9dentaire : la pantoufle et la robe de chambre seront-elles les nouveaux embl\u00e8mes du monde d\u2019apr\u00e8s ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est une s\u00e9rie historique. L&rsquo;auteur commence avec Oblomov de Ivan Gontcharov. Un gars qui a pass\u00e9 sa vie entre le lit et le canap\u00e9. Le comble a \u00e9t\u00e9 le confinement de la pand\u00e9mie. 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