{"id":3424,"date":"2024-11-10T01:08:54","date_gmt":"2024-11-10T00:08:54","guid":{"rendered":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3424"},"modified":"2024-11-11T23:02:35","modified_gmt":"2024-11-11T22:02:35","slug":"umberto-eco-reconnaitre-le-fascisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2024\/11\/10\/umberto-eco-reconnaitre-le-fascisme\/","title":{"rendered":"Umberto Eco &#8211; Reconna\u00eetre le fascisme"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3425 alignright\" src=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/UmbertoEco-ReconnaitreLeFascisme-189x300.jpg\" alt=\"\" width=\"189\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/UmbertoEco-ReconnaitreLeFascisme-189x300.jpg 189w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/UmbertoEco-ReconnaitreLeFascisme-646x1024.jpg 646w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/UmbertoEco-ReconnaitreLeFascisme-768x1216.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/UmbertoEco-ReconnaitreLeFascisme.jpg 947w\" sizes=\"auto, (max-width: 189px) 100vw, 189px\" \/><\/p>\n<p>Petit livre de 60 pages qui se lit d&rsquo;un trait.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Reconna\u00eetre le fascisme\u00a0\u00bb est un discours prononc\u00e9 le 25 avril 1995 pour les cinquante ans de la lib\u00e9ration de l&rsquo;Europe, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Columbia.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur nous raconte son point de vue sur le fascisme se basant sur son histoire personnelle puisqu&rsquo;il est n\u00e9 en 1932 et a v\u00e9cu sa petite enfance en Italie sous Mussolini. Bien entendu, ayant fait une carri\u00e8re universitaire en philosophie et s\u00e9miotique, il a pu approfondir son point de vue.<\/p>\n<p>Il nous propose quatorze crit\u00e8res permettant d&rsquo;identifier un fascisme. On peut ne pas trouver ces quatorze crit\u00e8res dans un syst\u00e8me fasciste, parfois un peu moins, parfois un peu plus. On retrouve, par exemple, le populisme, le nationalisme et le totalitarisme.<\/p>\n<p>Il manque, \u00e0 mon point de vue, est une d\u00e9finition plus claire de ce que c&rsquo;est le fascisme, mais on comprend que, venant juste d&rsquo;une conf\u00e9rence&#8230; Peut-\u00eatre m\u00eame qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui elle serait plus large. Ce mot fascisme est devenu un \u00ab\u00a0mot valise\u00a0\u00bb dont on entend parler comme synonyme de tout ce qui vient de l&rsquo;extr\u00eame droite, voir m\u00eame d&rsquo;une droite mod\u00e9r\u00e9e et sert, parfois, comme un insulte.<\/p>\n<p>Plus g\u00e9n\u00e9ralement, je suis d\u00e9rang\u00e9 par le fait qu&rsquo;on parle beaucoup du totalitarisme de l&rsquo;extr\u00eame droite alors qu&rsquo;on parle moins, ou quasiment pas, de celui d&rsquo;extr\u00eame gauche, qui me semble aussi dangereux. Parmi les crit\u00e8res de Umberto Eco, on trouve l&rsquo;antis\u00e9mitisme, aujourd&rsquo;hui plus fort \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame gauche qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite.<\/p>\n<p>L&rsquo;extr\u00eame droite semble plus claire dans ses intentions, elle les met dans leur programme, alors que l&rsquo;extr\u00eame gauche pr\u00e9sente un visage humaniste, en apparence, avec des promesses intenables. On parle beaucoup de d\u00e9mocratie. Donc, je me m\u00e9fie \u00e9norm\u00e9ment. &#8230;<\/p>\n<p>Il manque de livres parlant sp\u00e9cifiquement du totalitarisme dans certains partis de gauche.<\/p>\n<p>Finalement, je pense que les extr\u00eames sont toujours dangereux, que ce soit \u00e0 droite comme \u00e0 gauche.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 43)<\/p>\n<blockquote><p>Le terme fascisme s&rsquo;adapte \u00e0 tout parce que m\u00eame si l&rsquo;on \u00e9limine d&rsquo;un r\u00e9gime fasciste un ou plusieurs aspects, il sera toujours possible de le reconna\u00eetre comme fasciste. Enlevez-lui l&rsquo;imp\u00e9rialisme et vous aurez Franco et Salazar; enlevez le colonialisme et vous aurez le fascisme balkanique. Ajoutez au fascisme italien un anti-capitalisme radical (qui ne fascina jamais Mussolini) et vous aurez Ezra Pound. Ajoutez le culte de la mythologie celte et le mysticisme du Graal (totalement \u00e9tranger au fascisme officiel) et vous aurez l&rsquo;un des gourous fascistes les plus respect\u00e9s, Julius Evola.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 55-56)<\/p>\n<blockquote><p>13. L&rsquo;Ur-fascisme se fonde sur un populisme qualitatif. Dans une d\u00e9mocratie, les citoyens jouissent de droits individuels, mais l&rsquo;ensemble des citoyens n&rsquo;est dot\u00e9 d&rsquo;un poids politique que du point de vue quantitatif (on suit les d\u00e9cisions de la majorit\u00e9). Pour l&rsquo;Ur-fascisme, les individus en tant que tels n&rsquo;ont pas de droits, et le \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb est con\u00e7u comme une qualit\u00e9, une entit\u00e9 monolithique exprimant la \u00ab\u00a0volont\u00e9 commune\u00a0\u00bb, le Leader se veut leur interpr\u00e8te. Ayant perdu leur pouvoir de d\u00e9l\u00e9gation, les citoyens n&rsquo;agissent pas, ils sont seulement appel\u00e9s, pars pro toto, \u00e0 juer le r\u00f4le du peuple. Ainsi, le peuple n&rsquo;est plus qu&rsquo;une fiction th\u00e9\u00e2trale. Pour avoir un bon exemple de populisme qualificatif, il n&rsquo;est plus besoin de Piazza Venezia ou du Stade de Nuremberg. Notre avenir voit se profiler un populisme qualitatif t\u00e9l\u00e9 ou Internet, o\u00f9 la r\u00e9ponse \u00e9motive d&rsquo;un groupe s\u00e9lectionn\u00e9 de citoyens peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e et accept\u00e9e comme la \u00ab\u00a0voix du peuple\u00a0\u00bb. En raison de son populisme qualitatif, l&rsquo;Ur-fascisme doit s&rsquo;opposer aux gouvernements parlementaires \u00ab\u00a0putrides\u00a0\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Quatorze. Tel est le nombre des caract\u00e9ristiques qui permettent de d\u00e9terminer si une id\u00e9ologie, un mouvement, une soci\u00e9t\u00e9 sont fascistes, selon Umberto Eco. Il y a les plus \u00e9videntes : la haine de la culture, l\u2019obsession du complot, le refus de l\u2019\u00e9tranger. D\u2019autres, plus insidieuses, b\u00e9nignes en apparence, aboutissent au m\u00eame r\u00e9sultat si l\u2019on n\u2019y prend garde : la peur du langage complexe, l\u2019id\u00e9e d\u2019un peuple dot\u00e9 d\u2019une volont\u00e9 propre, le fait de consid\u00e9rer les d\u00e9saccords comme des trahisons.<\/p>\n<p>Dans Reconna\u00eetre le fascisme, Umberto Eco nous donne les clefs pour d\u00e9busquer les germes totalitaires dans les mouvements politiques contemporains. Ce serait tellement plus confortable si quelqu&rsquo;un s&rsquo;avan\u00e7ait sur la sc\u00e8ne du monde pour dire: \u00ab\u00a0Je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noires reviennent parader dans les rue italiennes!\u00a0\u00bb Helas, la vie n&rsquo;est pas aussi simple.<\/p>\n<p>Un vade-mecum indispensable pour temps dangereux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Petit livre de 60 pages qui se lit d&rsquo;un trait. \u00ab\u00a0Reconna\u00eetre le fascisme\u00a0\u00bb est un discours prononc\u00e9 le 25 avril 1995 pour les cinquante ans de la lib\u00e9ration de l&rsquo;Europe, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Columbia. 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