{"id":3478,"date":"2024-12-14T13:29:10","date_gmt":"2024-12-14T12:29:10","guid":{"rendered":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3478"},"modified":"2024-12-14T14:18:03","modified_gmt":"2024-12-14T13:18:03","slug":"eric-alary-nouvelle-histoire-de-loccupation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2024\/12\/14\/eric-alary-nouvelle-histoire-de-loccupation\/","title":{"rendered":"Eric Alary &#8211; Nouvelle histoire de l&rsquo;Occupation"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3479 alignright\" src=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/EricAlary-NouvelleHistoireDeLOccupation-183x300.jpg\" alt=\"\" width=\"183\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/EricAlary-NouvelleHistoireDeLOccupation-183x300.jpg 183w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/EricAlary-NouvelleHistoireDeLOccupation-625x1024.jpg 625w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/EricAlary-NouvelleHistoireDeLOccupation-768x1259.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/EricAlary-NouvelleHistoireDeLOccupation.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 183px) 100vw, 183px\" \/><\/p>\n<p>On parle de l&rsquo;Occupation de la France telle que v\u00e9cue par les Allemands, aussi bien au niveau des soldats que du commandement. C&rsquo;est le but premier de l&rsquo;ouvrage.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;Occupation vue par la France est d\u00e9j\u00e0 assez bien document\u00e9e, la vue des Allemands apporte peu. N\u00e9anmoins, on doit reconna\u00eetre que le travail effectu\u00e9 par les auteurs est assez significatif.<\/p>\n<p>Par contre, que peut-on dire sur l&rsquo;Occupation en 500 pages ? Je pense que c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;ouvrage. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une synth\u00e8se tr\u00e8s bien \u00e9crite couvrant l&rsquo;ensemble de ce qui est important de cette phase de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>Au lieu de suivre un ordre chronologique avec plusieurs fils conducteurs simultan\u00e9s, l&rsquo;ouvrage est organis\u00e9 par th\u00e8mes :<\/p>\n<ul>\n<li>La mont\u00e9e des tensions<\/li>\n<li>Les Allemands en France, une invasion <em>korrekt<\/em><\/li>\n<li>Le <em>diktat<\/em> (le d\u00e9but d&rsquo;occupation)<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Le sauveur de la France\u00a0\u00bb&#8230; dans la main allemande<\/li>\n<li>Pillage allemands et quotidien en coupe r\u00e9gl\u00e9e<\/li>\n<li>Loisirs et vie culturelle : les fran\u00e7ais en otage?<\/li>\n<li>R\u00e9pressions \u00ab\u00a0expiatoires\u00a0\u00bb et pers\u00e9cutions allemandes<\/li>\n<li>Les Allemands face \u00e0 la R\u00e9sistance<\/li>\n<li>De la perte de confiance \u00e0 la d\u00e9b\u00e2cle allemande (1944-1949)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bref, c&rsquo;est un livre tr\u00e8s int\u00e9ressant. Beaucoup d&rsquo;informations bien condens\u00e9es en 500 pages.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 65)<\/p>\n<blockquote><p><strong>Les Allemands en France, une invasion korrekt<\/strong><\/p>\n<p>Avant l&rsquo;attaque contre la France, Hitler manifeste confiance et r\u00e9solution. Il respecte cependant en partie les recommandations de ses g\u00e9n\u00e9raux, non certains de poss\u00e9der les moyens militaires suffisants pour battre les Fran\u00e7ais. En Allemagne, beaucoup n&rsquo;ont pas oubli\u00e9 la Marne (1914), ainsi que la tr\u00e8s longue guerre qui s&rsquo;est sold\u00e9e par une d\u00e9faite humiliante. De leur c\u00f4t\u00e9, les Alli\u00e9s observent l&rsquo;\u00e9tat du moral des Allemands. Ils sous-estiment sans aucun doute la popularit\u00e9 de Hitler.<\/p>\n<p>La victoire aussi inattendue que rapide contre la France et la pugnacit\u00e9 anglaise \u00e0 poursuivre la lutte obligent les vainqueurs \u00e0 penser tr\u00e8s vite \u00e0 une occupation totale ou partielle. Les Allemands d\u00e9couvrent alors la France, dont on leur a dit qu&rsquo;on y mangeait bien et que l&rsquo;amusement \u00e9tait \u00ab\u00a0roi\u00a0\u00bb. \u00c0 son arriv\u00e9e, l&rsquo;arm\u00e9e se m\u00e9fie pourtant des Fran\u00e7ais et r\u00e8gle d&#8217;embl\u00e9e leur vie dan les parties occup\u00e9es. Un ordre \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb est instaur\u00e9, aussit\u00f4t l&rsquo;armistice franco-allemand entr\u00e9 en vigueur. Il leur faut aussi aider les r\u00e9fugi\u00e9s de l&rsquo;exode \u00e0 rentrer chez eux pour faire fonctionner l&rsquo;\u00e9conomie en zone occup\u00e9e. Les soldats s&rsquo;installent, tandis que les Alsaciens-Lorrains vivent l&rsquo;annexion et que les habitants du Nord et du Pas-de-Calais sont rattach\u00e9s d&rsquo;office au IIIe Reich. Irr\u00e9elles situations.<\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais sont impressionn\u00e9s par la discipline des troupes qui entrent dans les villes et les villages. \u00c0 Paris, les Allemands r\u00e9quisitionnent des centaines de b\u00e2timents, notamment les grands h\u00f4tels. Les drapeaux fran\u00e7ais sont interdits dans l&rsquo;espace public tout comme les manifestations et les rassemblements patriotiques.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 133)<\/p>\n<blockquote><p><strong>Le diktat<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 la fin de juin 1940, l&rsquo;Europe est en grande partie allemande. La loi du vainqueur s&rsquo;impose \u00e0 une France vaincue : des millions de Fran\u00e7ais sont sur les routes, des soldats essaient de rallier le Sud pour ne pas \u00eatre captur\u00e9s, les hommes politiques sont plus divis\u00e9s que jamais. Les vainqueurs de 1918 sont invit\u00e9s \u00e0 revenir \u00e0 Rethondes, cette fois pour se voir signifier des servitudes encore impensables quelques semaines plus t\u00f4t. Hitler a pour seul but d&rsquo;occuper tout le pays; la souverainet\u00e9 de la France ne l&rsquo;int\u00e9resse pas. Cependant, en attendant l&rsquo;\u00e9volution des combats contre la Grande-Bretagne, il tient les Fran\u00e7ais en joue avec les 24 articles de l&rsquo;armistice.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 179)<\/p>\n<blockquote><p><strong>\u00ab\u00a0Le sauveur de la France\u00a0\u00bb&#8230; dans la main allemande<\/strong><\/p>\n<p>Le mar\u00e9chal P\u00e9tain installe un r\u00e9gime autoritaire \u00e0 Vichy, sa pr\u00e9tendue capitale. La \u00ab\u00a0R\u00e9volution nationale\u00a0\u00bb rejette la R\u00e9=publique et tous ceux qui s&rsquo;opposent au nouveau r\u00e9gime instaur\u00e9 le 10 juillet 1940. Les Allemands observent ce dr\u00f4le de r\u00e9gime, une sorte de petit \u00ab\u00a0royaume m\u00e9ridional\u00a0\u00bb sans moyens et sans marge de man\u0153uvre. Une collaboration d&rsquo;\u00c9tat se construit entre Vichy et le III\u00e8me Reich, le jeu de dupes se faisant aux d\u00e9pens \u00e9vidents du vaincu. La fiction de la souverainet\u00e9 est parfaitement entretenue par la propagande, ce qui constitue pour les occupants un excellent moyen de chantage. Le mar\u00e9chal P\u00e9tain multiplie les contradictions et les compromissions, pris dans un engrenage infernal de concessions faites aux Allemands. Certains Fran\u00e7ais, les collaborationnistes, vont plus loin encore en esp\u00e9rant la naissance d&rsquo;une France allemande.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 235)<\/p>\n<blockquote><p><strong>Pillages allemands et quotidien en coupe r\u00e9gl\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Si la collaboration politique est en \u00e9chec, la collaboration \u00e9conomique est tr\u00e8s active, sous la forme d&rsquo;un pillage organis\u00e9, conduisant \u00e0 la quasi-suj\u00e9tion du r\u00e9gime de Vichy par une exploitation syst\u00e9matique des ressources fran\u00e7aises de part et d&rsquo;autre de la ligne de d\u00e9marcation. Cela passe aussi par le pillage d&rsquo;\u0153uvres d&rsquo;art et de livres pr\u00e9cieux. Parall\u00e8lement, au quotidien, les Fran\u00e7ais souffrent de la p\u00e9nurie et du rationnement. Le march\u00e9 noir, qui profite essentiellement aux Allemands, finit de vider le pays de ses ressources en nourriture et en mati\u00e8res premi\u00e8res. Les nazis ont une vision globale des atouts du pays conquis qui leur permet de l&rsquo;agr\u00e9ger \u00e0 la machine de guerre allemande le plus efficacement possible. D\u00e8s le 1er mars 1940, le ministre allemand de l&rsquo;Agriculture et de l&rsquo;Alimentation, membre \u00e9minent des SS, Richard Walther Darr\u00e9, a affirm\u00e9 dans un discours que le \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb des Allemands \u00e9tait \u00ab\u00a0d&rsquo;organiser \u00e9conomiquement les territoires conquis qui progressivement seront inclus dans le territoire allemand\u00a0\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 291)<\/p>\n<blockquote><p><strong>Loisirs et vie culturelle : les Fran\u00e7ais en otage ?<\/strong><\/p>\n<p>Toute activit\u00e9 artistique en zone occup\u00e9e puis sur l&rsquo;ensemble du territoire est contr\u00f4l\u00e9e par l&rsquo;occupant. Malgr\u00e9 une censure interdisant les manifestations anti-allemandes, ainsi que toute pr\u00e9sence juive, l&rsquo;Occupation a connu un d\u00e9veloppement sensible de la vie culturelle et des loisirs. Tant pour les occup\u00e9s que pour les occupants, ils contribuent \u00e0 faire oublier des temps sombres \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Des que l&rsquo;armistice franco-allemand entre en vigueur en juin 1940, la vie culturelle reprend dans la capitale fran\u00e7aise et dans les villes de province &#8211; occup\u00e9es ou non. Il faut occuper les soldats allemands, souvent impatients de rentrer chez eux. Deux objectifs sont clairement poursuivis : divertir les soldats et exercer un contr\u00f4le sur les Fran\u00e7ais.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p.329)<\/p>\n<blockquote><p><strong>R\u00e9pressions \u00ab\u00a0expiatoires\u00a0\u00bb et pers\u00e9cutions allemandes<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e9pressions et pers\u00e9cutions sont la marque de l&rsquo;Occupation. La pers\u00e9cution des Juifs commence d\u00e8s le mois d&rsquo;octobre 1940 avec une s\u00e9rie d&rsquo;ordonnances allemandes en zone occup\u00e9e (recensement des Juifs ; commerces \u00ab\u00a0non aryens\u00a0\u00bb marqu\u00e9s \u00e0 la peinture ou signal\u00e9s par une pancarte, etc.) et un \u00ab\u00a0statut des Juifs\u00a0\u00bb con\u00e7u par le r\u00e9gime de Vichy &#8211; sans oublier la possibilit\u00e9 pour les pr\u00e9fets d&rsquo;interner les Juifs \u00e9trangers. La France sous l&rsquo;Occupation, ce sont des justices \u00ab\u00a0extraordinaires\u00a0\u00bb au service de l&rsquo;occupant (justice militaire, justice p\u00e9nale \u00ab\u00a0ordinaire\u00a0\u00bb et justice d&rsquo;exception). Ces justices ont pu compter sur le z\u00e8le de certains policiers et gendarmes fran\u00e7ais, mais aussi sur des actes de d\u00e9lation.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Paris. C&rsquo;est le d\u00e9but de quatre longues ann\u00e9es d&rsquo;occupation de la France. Comment les Allemands l&rsquo;ont-ils envisag\u00e9e et pr\u00e9par\u00e9e ? Quelles id\u00e9es se faisaient-ils de leurs voisins d&rsquo;outre-Rhin ? Comment se sont-ils comport\u00e9s avec eux, \u00e0 Paris ou en province ? Comment ont-ils v\u00e9cu entre eux ? Ont-ils \u00e9t\u00e9 libres d&rsquo;agir comme ils le souhaitaient ? Quelles sont les images qu&rsquo;ils conserveront apr\u00e8s-guerre de cette p\u00e9riode si particuli\u00e8re ?<br \/>\nTelles sont, parmi bien d&rsquo;autres, quelques-unes des questions auxquelles r\u00e9pond \u00c9ric Alary dans cet ouvrage. Puisant essentiellement aux sources allemandes, en grande partie in\u00e9dites, il livre une histoire \u00e0 la fois renouvel\u00e9e et incarn\u00e9e, gr\u00e2ce aux nombreux destins individuels dont il se fait l&rsquo;\u00e9cho au moyen de t\u00e9moignages \u00e9clairants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On parle de l&rsquo;Occupation de la France telle que v\u00e9cue par les Allemands, aussi bien au niveau des soldats que du commandement. C&rsquo;est le but premier de l&rsquo;ouvrage. Si l&rsquo;Occupation vue par la France est d\u00e9j\u00e0 assez bien document\u00e9e, la<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[24,17],"tags":[],"class_list":["post-3478","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","category-lecture","comments-off"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3478","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3478"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3478\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3491,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3478\/revisions\/3491"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3478"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3478"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3478"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}