{"id":3523,"date":"2025-01-05T12:52:06","date_gmt":"2025-01-05T11:52:06","guid":{"rendered":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3523"},"modified":"2025-01-05T12:52:06","modified_gmt":"2025-01-05T11:52:06","slug":"svetlana-alexievitch-la-guerre-na-pas-un-visage-de-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2025\/01\/05\/svetlana-alexievitch-la-guerre-na-pas-un-visage-de-femme\/","title":{"rendered":"Svetlana Alexievitch &#8211; La guerre n&rsquo;a pas un visage de femme"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3526 alignright\" src=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/SvetlanaAlexievitch-LaGuerreNAPasUnVisageDeFemme-192x300.jpg\" alt=\"\" width=\"192\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/SvetlanaAlexievitch-LaGuerreNAPasUnVisageDeFemme-192x300.jpg 192w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/SvetlanaAlexievitch-LaGuerreNAPasUnVisageDeFemme.jpg 512w\" sizes=\"auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/>Ce livre prend de contre-pied les r\u00e9cits courants de l&rsquo;histoire. Le fil conducteur n&rsquo;est pas les \u00e9v\u00e9nements, les batailles ou les personnages de la deuxi\u00e8me guerre, mais le v\u00e9cu des femmes russes, certaines combattantes et d&rsquo;autres dites ordinaires.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;\u00e9crire, l&rsquo;auteur a recueilli des centaines, voire des milliers, de t\u00e9moignages des femmes qui avaient quelque chose \u00e0 dire. On doit reconna\u00eetre le c\u00f4t\u00e9 titanesque.<\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage est organis\u00e9, donc, non pas par \u00e9v\u00e9nement de la guerre, mais, plut\u00f4t, par le \u00ab\u00a0th\u00e8me humain\u00a0\u00bb v\u00e9cu par ces femmes. Donc, le t\u00e9moignage ou alors le r\u00e9cit du d\u00e9roulement de l&rsquo;entretien.<\/p>\n<p>Ce livre a le grand m\u00e9rite de mettre en valeur le r\u00f4le et la souffrance des femmes pendant la guerre, plut\u00f4t que parler des bons et des m\u00e9chants. \u00c0 ce sujet, regardez les extraits d&rsquo;entretien avec les censeurs dans les citations.<\/p>\n<p>Ainsi, la pr\u00e9face a \u00e9t\u00e9 indispensable. Il raconte comment ce livre a \u00e9t\u00e9 construit.<\/p>\n<p>Par contre, pour un essai, il manque un chapitre de synth\u00e8se ou de conclusion pour ne pas rester juste une suite de t\u00e9moignages.<\/p>\n<p>Le point n\u00e9gatif de ce livre est la longueur : 400 pages dans mon \u00e9dition. Les t\u00e9moignages se suivent et parfois se ressemblent sans que l&rsquo;on puisse percevoir un fil conducteur. Certaines ne font qu&rsquo;une page. J&rsquo;avoue avoir saut\u00e9 quelques-unes qui ne m&rsquo;ont pas sembl\u00e9 indispensables.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 22)<\/p>\n<blockquote><p>Extrait d&rsquo;entretien avec des censeurs<\/p>\n<ul>\n<li>\u00c0 quoi bon tous ces d\u00e9tails physiologiques ? Vous abaissez la femme \u00e0 force de naturalisme primaire. La femme h\u00e9ro\u00efne. Vous la d\u00e9couronnez. Vous en faites une femme ordinaire. Une femelle. Or chez nous, ce sont des saintes !<\/li>\n<li>Notre h\u00e9ro\u00efsme est st\u00e9rile, il ne veut tenir compte ni de la physiologie, ni de la biologie. Il est impossible d&rsquo;y croire. Ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;esprit qui \u00e9tait mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve, mais aussi le corps. Son enveloppe mat\u00e9rielle.<\/li>\n<li>D&rsquo;o\u00f9 vous viennent ces id\u00e9es ? Elles nous sont \u00e9trang\u00e8res. Elles ne sont pas sovi\u00e9tiques. Vous vous moquez des victimes qui gisent dans les fosses communes. Vous avec trop lu Remarque&#8230; Chez nous, le \u00ab\u00a0remarquisme\u00a0\u00bb ne passera pas. La femme sovi\u00e9tique n&rsquo;est pas un animal.<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p>(p. 26)<\/p>\n<blockquote><p>Extrait d&rsquo;entretien avec des censeurs<\/p>\n<ul>\n<li>C&rsquo;est un mensonge ! C&rsquo;est une calomnie destin\u00e9e \u00e0 salir nos soldats qui ont lib\u00e9r\u00e9 la moiti\u00e9 de l&rsquo;Europe. Destin\u00e9e \u00e0 salir nos partisans. Notre peuple. Nous n&rsquo;avons pas besoin de votre petite histoire, nous avons besoin de la grande Histoire. Celle de la Victoire. Vous n&rsquo;aimez personne ! Vous n&rsquo;aimez pas nos grandes id\u00e9es. Les id\u00e9es de Marx et de L\u00e9nine.<\/li>\n<li>C&rsquo;est vrai, je n&rsquo;aime pas les grandes id\u00e9es, j&rsquo;aime les petits et les humbles. Et plus encore, j&rsquo;aime la vie&#8230;<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>La guerre n&rsquo;a pas un visage de femme, sauf que les femmes ont \u00e9t\u00e9 de toutes les guerres. Et Svetlana Alexievitch nous en donne une vision \u00e9mouvante jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;insoutenable. Vue par elle, v\u00e9cue par elles, cette \u00e9vocation de la Seconde Guerre mondiale bouleverse par la justesse du trait, et se charge du poids de toutes les batailles, de toutes les souffrances, de tous les sacrifices.<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 des \u00eatres ordinaires surgit \u00e0 chaque page avec une force insoup\u00e7onn\u00e9e. Pour trouver dans nos c\u0153urs un \u00e9cho que seuls les \u00e9crivains essentiels savent faire r\u00e9sonner.<\/p>\n<p>Des centaines de destins forment un ch\u0153ur tragique que la souffrance au quotidien nourrit \u00e0 chaque page de son indicible beaut\u00e9. Le sacrifice devient alors source de vie, et l&rsquo;on se dit que jamais personne ne nous a parl\u00e9 de \u00e7a comme \u00e7a, et l&rsquo;on a la sensation que ces jeunes filles souriantes en vareuse de soldat seront toujours l\u00e0, avec nous, et l&rsquo;on se demande comment l&rsquo;on a pu si longtemps se passer d&rsquo;elles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre prend de contre-pied les r\u00e9cits courants de l&rsquo;histoire. Le fil conducteur n&rsquo;est pas les \u00e9v\u00e9nements, les batailles ou les personnages de la deuxi\u00e8me guerre, mais le v\u00e9cu des femmes russes, certaines combattantes et d&rsquo;autres dites ordinaires. 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