{"id":3528,"date":"2025-01-12T00:14:39","date_gmt":"2025-01-11T23:14:39","guid":{"rendered":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3528"},"modified":"2025-01-12T00:16:55","modified_gmt":"2025-01-11T23:16:55","slug":"david-le-breton-cicatrices","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2025\/01\/12\/david-le-breton-cicatrices\/","title":{"rendered":"David Le Breton &#8211; Cicatrices : l&rsquo;existence dans la peau"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3530 alignright\" src=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DavidLeBreton-Cicatrices-195x300.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DavidLeBreton-Cicatrices-195x300.jpg 195w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DavidLeBreton-Cicatrices.jpg 521w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/p>\n<p>David Le Breton, anthropologue, a fait du Corps son sujet d&rsquo;\u00e9tude. Il a publi\u00e9 plusieurs ouvrages avec un point de vue anthropologique sur des aspects qui peuvent sembler assez simples : le visage, le rire, le sourire, les tatouages, la douleur, l&rsquo;odeur&#8230; Ici, il explore les cicatrices avec ses tr\u00e8s nombreuses significations. La premi\u00e8re, dont nous avons tous, est le nombril, une marque temporelle de notre naissance.<\/p>\n<p>\u00c7a commence par le sens anthropologique de la peau. C&rsquo;est plus qu&rsquo;une enveloppe, c&rsquo;est l&rsquo;interface avec le monde ext\u00e9rieur qui, entre autres choses, enregistre notre histoire. Et c&rsquo;est bien complexe que ce que l&rsquo;on peut imaginer au d\u00e9part.<\/p>\n<p>La grande diversit\u00e9 des formes et de l&rsquo;apparition des cicatrices fait que, mis \u00e0 part les deux premiers chapitres, les autres peuvent \u00eatre lus dans le d\u00e9sordre. En effet, malgr\u00e9 le point commun d&rsquo;\u00eatre une marque sur la peau, les interpr\u00e9tations anthropologiques des types de cicatrices sont tr\u00e8s diversifi\u00e9es.<\/p>\n<p>Ce livre est assez facile \u00e0 lire, malgr\u00e9 certains passages que je pense pourraient \u00eatre condens\u00e9s. Le contenu est dense et, je crois, exhaustif. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 lu plusieurs de ses livres et sauf un, je les ai tous appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n<p>La table de mati\u00e8res donne une id\u00e9e de son contenu :<\/p>\n<ul>\n<li>La peau : anthropologie<\/li>\n<li>Traces d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, signes d&rsquo;identit\u00e9<\/li>\n<li>Cicatrices rituelles des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles<\/li>\n<li>Signes d&rsquo;infamie<\/li>\n<li>Cicatrices d&rsquo;art<\/li>\n<li>Scarifications adolescentes<\/li>\n<li>Blessures carc\u00e9rales<\/li>\n<li>Blessures des r\u00e9fugi\u00e9s : la preuve par les cicatrices<\/li>\n<li>Cicatrices sur le visage<\/li>\n<li>Corps de r\u00e9sistance, corps d&rsquo;amazone<\/li>\n<li>L&rsquo;esth\u00e9tisme des cicatrices<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 132)<\/p>\n<blockquote><p>Chez le jeune dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de nouer une relation heureuse aux autres, de mettre sens et valeur \u00e0 son existence, le corps prend le relais. Les scarifications, les br\u00fblures, les piq\u00fbres avec des compas ou des punaises les ecchymoses volontaires, les excoriations sur des boutons d&rsquo;acn\u00e9, les coups, les insertions d&rsquo;objets sous la peau, l&rsquo;entretien de blessures en rouvrant des plaies produisent des cicatrices plus ou moins durables selon leur profondeur et l&rsquo;instrument qui les provoque. Elles sont plus ou moins visibles selon leur localisation. L&rsquo;insuffisance d&rsquo;une relation solide et confiante au monde lors d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements affectifs douloureux produit ces moments fulgurants de recours au corps \u00e0 travers une chirurgie brutale, mais signifiante, pour s&rsquo;agripper au r\u00e9el et ne pas sombrer. \u00c0 travers l&rsquo;effraction corporelle, le jeune s&rsquo;efforce de reprendre le contr\u00f4le d&rsquo;une situation qui lui \u00e9chappe. Il faut parfois sacrifier une part du corps pour sauvegarder quelque chose de soi. Ces blessures sont des tentatives de se d\u00e9pouiller d&rsquo;une peau, qui colle \u00e0 la peau, d&rsquo;un sentiment de soi insupportable. Mises en \u0153uvre de mani\u00e8re volontaire et r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, elles incarnent finalement une autre forme de ce que Freud nommait la \u00ab\u00a0complaisance somatique\u00a0\u00bb. Ce sont des hi\u00e9roglyphes de souffrance, et, simultan\u00e9ment, des tentatives d&rsquo;en all\u00e9ger le poids. Le corps est une autre sc\u00e8ne o\u00f9 le jeune r\u00e8gle ses comptes, d\u00e9charge les tensions et accroche simultan\u00e9ment par l&rsquo;effraction le sentiment de son existence.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>David Le Breton, anthropologue, a fait du Corps son sujet d&rsquo;\u00e9tude. 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