{"id":3680,"date":"2025-10-12T17:51:11","date_gmt":"2025-10-12T15:51:11","guid":{"rendered":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3680"},"modified":"2025-10-12T17:51:11","modified_gmt":"2025-10-12T15:51:11","slug":"jean-marc-dreyfus-laffaire-petiot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2025\/10\/12\/jean-marc-dreyfus-laffaire-petiot\/","title":{"rendered":"Jean-Marc Dreyfus &#8211; L&rsquo;affaire Petiot et la Shoah"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3681 alignright\" src=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Jean-MarcDreyfus-LAffairePetiot-205x300.jpg\" alt=\"\" width=\"205\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Jean-MarcDreyfus-LAffairePetiot-205x300.jpg 205w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Jean-MarcDreyfus-LAffairePetiot-700x1024.jpg 700w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Jean-MarcDreyfus-LAffairePetiot-768x1124.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Jean-MarcDreyfus-LAffairePetiot.jpg 1025w\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" \/><\/p>\n<p>Le m\u00e9decin Marcel Petiot ! Probablement, avec Landru, le tueur en s\u00e9rie le plus connu du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/p>\n<p>Il a commit ses forfaits pendant l&rsquo;occupation allemande, entre 1942 et 1944. Ses victimes \u00e9taient, pour la plupart, des Juifs voulant quitter la r\u00e9gion parisienne ou la France pour \u00e9chapper \u00e0 une possible d\u00e9portation par les Allemands. Il leur proposait de l&rsquo;aide, gr\u00e2ce \u00e0 un suppos\u00e9 r\u00e9seau de passeurs, pour quitter Paris et la France vers l&rsquo;Argentine. Les victimes devraient se rendre \u00e0 son cabinet au 21, rue Sueur, \u00e0 Paris, o\u00f9 ils devaient passer une ou deux journ\u00e9es, pour \u00eatre vaccin\u00e9s, puis partir. Bien s\u00fbr, avec ses affaires, de l&rsquo;argent et tous ses biens. Puis ils disparaissaient&#8230;<\/p>\n<p>Le 11 mars 1944, les voisins ont appel\u00e9 les pompiers suite \u00e0 des odeurs pestilentiels venant de son cabinet. Les pompiers ont trouv\u00e9, d&rsquo;une part, un tas de morceaux de corps humains et, d&rsquo;autre part, une fosse dans le garage avec de la chaud et des bouts de corps humains en \u00e9tat de d\u00e9composition. Le m\u00e9decin l\u00e9giste n&rsquo;a r\u00e9ussi \u00e0 recomposer 10 corps plus 1 torse f\u00e9minin, tous sans identification possible d\u00fb \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat avanc\u00e9 de d\u00e9composition. D&rsquo;autres morceaux de corps ont \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9s de la Seine.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 par l&rsquo;assassinat de 27 personnes, en 1946, condamn\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9. Il n&rsquo;a jamais reconnu ces faits dont il \u00e9tait accus\u00e9, mais a volontairement avou\u00e9 le meurtre de 63 autres personnes, dont on n&rsquo;a jamais connu l&rsquo;identit\u00e9, soit disant parce que c&rsquo;\u00e9taient des collaborateurs. Il se disait faire partie de la r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le livre raconte l&rsquo;historique de l&rsquo;affaire, d\u00e8s l&rsquo;enfance de Petiot, puis sa vie en Bourgogne en tant que Maire de Villeneuve sur Yonne, ses frasques et ses d\u00e9boires. Et son activit\u00e9 \u00e0 Paris, en tant que m\u00e9decin et en tant que tueur en s\u00e9rie.<\/p>\n<p>Il reste un certain nombre d&rsquo;ombres dans l&rsquo;affaire, que l&rsquo;auteur a essay\u00e9 de donner une r\u00e9ponse, sans succ\u00e8s. Ces doutes n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9clair\u00e9s et ne seront s\u00fbrement jamais. On ne sait toujours pas comment les victimes \u00e9taient tu\u00e9es, m\u00eame s&rsquo;il y en a des hypoth\u00e8ses mais aucune valid\u00e9e d\u00e9finitivement.. On ne sait pas ce qu&rsquo;est devenu le butin estim\u00e9 \u00e0 50 millions de francs de l&rsquo;\u00e9poque. On ne sait pas s&rsquo;il avait des complices et s&rsquo;il avait de l&rsquo;aide pour les meurtres. Une dizaine de personnes ont \u00e9t\u00e9 mises en examen mais ils ont tous b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de non-lieux et laiss\u00e9 en libert\u00e9. Finalement, le mobile \u00e9tait probablement l&rsquo;argent des victimes, mais cela n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli formellement.<\/p>\n<p>On ne peut pas vraiment dire qu&rsquo;il \u00e9tait antis\u00e9mite et le lien que l&rsquo;on pourrait trouver avec la Shoah c&rsquo;est l&rsquo;hypoth\u00e8se comme quoi les victimes \u00e9taient tu\u00e9es dans une pi\u00e8ce de son cabinet qui pourrait fonctionner comme chambre \u00e0 gaz.<\/p>\n<p>Dans un ouvrage d\u00e9crit par un autre historien, Claude Qu\u00e9tel, l&rsquo;auteur d\u00e9fend la th\u00e8se que Marcel Petiot \u00e9tait fou et, par cons\u00e9quent, n&rsquo;aurait pas d\u00fb \u00eatre jug\u00e9. Il se base sur des p\u00e9riodes o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 intern\u00e9 dans des h\u00f4pitaux psychiatriques et dans son comportement invraisemblable \u00e0 certaines occasions, en particulier pendant son proc\u00e8s.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un livre tr\u00e8s int\u00e9ressant qui permet de bien comprendre l&rsquo;affaire. La lecture du livre de Claude Qu\u00e9tel pourrait compl\u00e9ter celle-ci.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 200)<\/p>\n<blockquote><p>Plus po\u00e9tiquement, Petiot aurait clam\u00e9 devant l&rsquo;\u00e9chafaud, alors qu&rsquo;on lui demandait encore s&rsquo;il avait quelque chose \u00e0 dire : \u00ab\u00a0Je suis un voyageur qui emporte ses bagages\u00a0\u00bb. Une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la pi\u00e8ce de Jean Anouilh, \u00ab\u00a0Le voyageur sans bagages\u00a0\u00bb, ou peut-\u00eatre aux derniers mots de Landru \u00ab\u00a0Cela, ma\u00eetre, c&rsquo;est mon petit bagage\u00a0\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 206)<\/p>\n<blockquote><p>En 1959, Georges Massu publia ses souvenirs de l&rsquo;affaire Petiot. L&rsquo;ouvrage parut chez Fayard, l&rsquo;\u00e9diteur de Georges Simenon, dans un format de poche. Il a la couverture d&rsquo;un Maigret, dont il imite d&rsquo;ailleurs le style : \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait il y a quatorze ans&#8230; Pourtant, je me souviens de ce coup de t\u00e9l\u00e9phone comme si le gr\u00e9sillement de la sonnerie r\u00e9sonnait encore aujourd&rsquo;hui \u00e0 mes oreilles. Apr\u00e8s une journ\u00e9e sans histoire &#8211; il en est au Quai des Orf\u00e8vres comme partout ailleurs, quoi qu&rsquo;en disent les auteurs de romans policiers &#8211; une journ\u00e9e \u00e0 revoir des dossiers et \u00e0 classer des affaires courantes, j&rsquo;\u00e9tais rentr\u00e9 chez moi (&#8230;) Il \u00e9tait presque 22 heures quand retentit la sonnerie du t\u00e9l\u00e9phone. Je venais de me coucher. (&#8230;) \u2014 All\u00f4 !&#8230; C&rsquo;est vous patron ? Ici le secr\u00e9taire de permanence de la P.J. Il s&rsquo;agit de plusieurs cadavres d\u00e9couverts dans un h\u00f4tel particulier du seizi\u00e8me. Je ne peux pas vous en dire plus. Rappelez-moi le plus vite possible par l&rsquo;automatique. Je vous envoie la voiturette.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p>Surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Docteur Satan\u00a0\u00bb, Marcel Petiot est l&rsquo;un des pires tueurs en s\u00e9rie du XX\u00e9 si\u00e8cle \u2013 il est l&rsquo;auteur d&rsquo;au moins 26 assassinats dans le Paris occup\u00e9. Il fut condamn\u00e9 \u00e0 mort et ex\u00e9cut\u00e9 au printemps 1946, \u00e0 la suite d&rsquo;un proc\u00e8s qui enflamma tout le pays. Mais qui \u00e9tait-il vraiment et que sait-on de ses victimes ? Comment le docteur Petiot a-t-il mis en \u0153uvre son plan machiav\u00e9lique pour attirer ses proies, les tuer, puis se d\u00e9barrasser des corps ?<\/p>\n<p>L&rsquo;historien Jean-Marc Dreyfus reconstitue avec minutie ce chapitre de l&rsquo;histoire de France. Au-del\u00e0 des r\u00e9v\u00e9lations sur le parcours des personnes assassin\u00e9es et sur les m\u00e9thodes de Petiot, cette enqu\u00eate replace cette trag\u00e9die dans son contexte, celui de l&rsquo;Occupation. La majorit\u00e9 de ses victimes \u00e9taient juives, et m\u00eame si les juges ont voulu \u00e9viter de faire du proc\u00e8s Petiot un proc\u00e8s politique, c&rsquo;est bien dans cette cour d&rsquo;assises que la pers\u00e9cution des Juifs de France a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite au grand public pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>Passionnant livre d&rsquo;histoire, \u00ab\u00a0L&rsquo;affaire Petiot et la Shoah\u00a0\u00bb se lit \u00e9galement comme un thriller o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9passe la fiction. Gr\u00e2ce \u00e0 une narration palpitante, Jean-Marc Dreyfus nous raconte la vie de Marcel Petiot et les horreurs qui se sont d\u00e9roul\u00e9s dans son h\u00f4tel particulier du XVIe arrondissement de Paris, entre 1942 et 1944.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le m\u00e9decin Marcel Petiot ! Probablement, avec Landru, le tueur en s\u00e9rie le plus connu du XX\u00e8me si\u00e8cle Il a commit ses forfaits pendant l&rsquo;occupation allemande, entre 1942 et 1944. 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