{"id":3820,"date":"2026-01-02T01:33:15","date_gmt":"2026-01-02T00:33:15","guid":{"rendered":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/?p=3820"},"modified":"2026-01-03T16:38:22","modified_gmt":"2026-01-03T15:38:22","slug":"gianpaolo-furgiuele-jean-luc-melenchon-sur-le-divan-la-provocation-comme-strategie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2026\/01\/02\/gianpaolo-furgiuele-jean-luc-melenchon-sur-le-divan-la-provocation-comme-strategie\/","title":{"rendered":"Gianpaolo Furgiuele &#8211; Jean-Luc M\u00e9lenchon sur le divan &#8211; La provocation comme strat\u00e9gie"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3822 alignright\" src=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/GianpaoloFurgiuele-Jean-LucMelenchonSurLeDivan-196x300.jpg\" alt=\"\" width=\"196\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/GianpaoloFurgiuele-Jean-LucMelenchonSurLeDivan-196x300.jpg 196w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/GianpaoloFurgiuele-Jean-LucMelenchonSurLeDivan-668x1024.jpg 668w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/GianpaoloFurgiuele-Jean-LucMelenchonSurLeDivan-768x1177.jpg 768w, https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/GianpaoloFurgiuele-Jean-LucMelenchonSurLeDivan.jpg 979w\" sizes=\"auto, (max-width: 196px) 100vw, 196px\" \/><\/p>\n<p>Le livre \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/lecture.jose-marcio.org\/blog\/2025\/11\/22\/charlotte-belaich-olivier-perou-la-meute\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La meute<\/a>\u00a0\u00bb donne quelques indications possibles sur les traits de personnalit\u00e9 de Jean-Luc M\u00e9lenchon. Les auteurs sont deux journalistes. Celui-ci, \u00e9crit par un psychanalyste, est enti\u00e8rement ne traite que cet aspect du personnage.<\/p>\n<p>Quelques remarques se font n\u00e9cessaires (l&rsquo;auteur le dit) : la d\u00e9ontologie de la profession interdit l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un quelconque diagnostique si le professionnel n&rsquo;a pas vu l&rsquo;individu dans un contexte d&rsquo;analyse. La source, ce sont les informations parues dans la presse, les vid\u00e9os, c&rsquo;est \u00e0 dire, les informations publiques. En fait, ce sont des observations et remarques tr\u00e8s pertinentes qui auraient pu \u00eatre faites par quelqu&rsquo;un avec une sensibilit\u00e9 suffisante. L&rsquo;auteur ne fait que nous guider.<\/p>\n<p>Le livre est divis\u00e9 en quatre grandes parties :<br \/>\n* Le parcours d&rsquo;un tribun moderne<br \/>\n* Le leader<br \/>\n* La sc\u00e8ne politique<br \/>\n* Conclusions<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur \u00e9num\u00e8re pr\u00e9cise avec des exemples ce que nous savons d\u00e9j\u00e0 : le narcissisme, l&rsquo;arrogance, l&rsquo;impossibilit\u00e9 de dialogue, les coups de col\u00e8re, la d\u00e9magogie avec des objectifs irr\u00e9alistes et j&rsquo;en passe.<\/p>\n<p>Mais une partie int\u00e9ressante que la plupart des gens n&rsquo;imaginent pas est dans la partie finale du livre. Que se passerait-il si M\u00e9lenchon arrive au pouvoir ? Le nom de son parti dit tout : il a toujours \u00e9t\u00e9 un Insoumis, critiquant le pouvoir en place voulant le destituer. La contestation, y compris pour des mesures qu&rsquo;il aurait pu soutenir, et le chaos font partie de sa mani\u00e8re de faire de la politique. Il ne sait pas faire de la politique qu&rsquo;en s&rsquo;opposant, violemment, au pouvoir en place. Il a besoin d&rsquo;avoir des opposants. Avec son caract\u00e8re arrogant, accepterait-il d&rsquo;avoir une insoumise ?<\/p>\n<p>C&rsquo;est une lecture qui me semble essentielle. Plus que les discours des personnalit\u00e9s politiques, il faut s&rsquo;int\u00e9resser aussi aux personnes.<\/p>\n<p>Les textes des psychanalystes sont, parfois, difficiles a comprendre avec un jargon souvent obscur. Ce n&rsquo;est pas le cas ici. Il y a tr\u00e8s peu d&rsquo;endroits o\u00f9 les termes du m\u00e9tier apparaissent et ne g\u00eanent pas la lecture. Lecture assez agr\u00e9able.<\/p>\n<h2>Citations<\/h2>\n<p>(p. 32-33)<\/p>\n<blockquote><p>Chez lui, la crise est perenne. Elle se met en sc\u00e8ne, se joue sans rel\u00e2che. Dans ce sens, M\u00e9lenchon est un acteur. Il th\u00e9\u00e2tralise, ses paroles captivent, galvanisent le conflit. Comme l&rsquo;hyst\u00e9rique qui doit se montrer pour exister, il met la crise sous les yeux de son public. Le corps parle pendant que les mots \u00e9chouent. l&rsquo;hyst\u00e9rique, par son corps en crise, exige du regard, r\u00e9clame une r\u00e9ponse. Par ses discours il attaque les figures d&rsquo;autorit\u00e9. Macron, les puissants. Un jeu constant de contestation et de prise de place, comme l&rsquo;hyst\u00e9rique face au p\u00e8re qu&rsquo;il veut d\u00e9tr\u00f4ner, tout en cherchant \u00e0 l&rsquo;imiter. Homme viril, il se bat contre ce qu&rsquo;il lit comme une faiblesse. L&rsquo;id\u00e9e de la soumission n&rsquo;est pas loin. Cette lutte cache peut-\u00eatre une angoisse plus profonde. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cette derni\u00e8re qui pousse \u00e0 l&rsquo;action. Parmi les d\u00e9finitions existantes, l&rsquo;angoisse peut \u00eatre per\u00e7ue comme un \u00e9tat marqu\u00e9 par un danger imminent, \u00e9galement quand ce danger reste inconnu. Contrairement \u00e0 la peur, qui est une r\u00e9action \u00e0 un danger pr\u00e9cis et identifi\u00e9, l&rsquo;angoisse se caract\u00e9rise par son aspect flou et ind\u00e9termin\u00e9. Freud a soulign\u00e9 l&rsquo;importance de cet \u00e9tat dans la dynamique psychique, notamment en lien avec les pulsions refoul\u00e9es.<\/p>\n<p>On sait en revanche que, dans l&rsquo;hyst\u00e9rie, la v\u00e9rit\u00e9 se joue dans le conflit. Sur le terrain politique, M\u00e9lenchon ne d\u00e9roge pas \u00e0 cette r\u00e8gle. Pour lui, exister politiquement, c&rsquo;est la confrontation, comme si la politique elle-m\u00eame devenait une crise collective. Selon Lacan, l&rsquo;hyst\u00e9rie cherche \u00e0 d\u00e9stabiliser le ma\u00eetre en le poussant \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler ses failles et ses incoh\u00e9rences : <em>\u00ab\u00a0Ce que veut l&rsquo;hyst\u00e9rique, c&rsquo;est un ma\u00eetre \u00e0 \u00e9branler\u00a0\u00bb<\/em>. Les souvenirs de Charcot \u00e0 la Salp\u00e9tri\u00e8re gravent l&rsquo;hyst\u00e9rie dans l&rsquo;imaginaire collectif.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 41)<\/p>\n<blockquote><p>En 2016, lors de l&rsquo;\u00e9mission <em>\u00ab\u00a0Et si c&rsquo;\u00e9tait vous ?\u00a0\u00bb<\/em> consacr\u00e9e \u00e0 Robespierre, M\u00e9lenchon affichait clairement son admiration pour cette p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire, \u00e9voquant le renversement de la monarchie, la r\u00e9action face aux complots et le r\u00f4le du tribunal r\u00e9volutionnaire, qu&rsquo;il pr\u00e9sentait avec une certaine nuance. Il refusait de trancher entre \u00ab\u00a0<em>bons<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>mauvais<\/em>\u00a0\u00bb r\u00e9volutionnaires. Cette posture lui permettait \u00e9galement de r\u00e9habiliter Robespierre, de l&rsquo;\u00e9riger en bouc \u00e9missaire injustement sacrifi\u00e9 par l&rsquo;Histoire. Son proche, Alexis Corbi\u00e8re, lui avait m\u00eame d\u00e9di\u00e9 un livre : Robespierre reviens. En 2014, M\u00e9lenchon qualifiait Robespierre de \u00ab\u00a0notre lib\u00e9rateur\u00a0\u00bb tout en traitant Marie-Antoinette de \u00ab\u00a0pauvre petite cr\u00e9tine\u00a0\u00bb. Mais encore en arri\u00e8re, en 2011, il d\u00e9clarait avec assurance : <em>\u00ab\u00a0Robespierre, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb<\/em>. C&rsquo;est la construction d&rsquo;un mythe personnel : \u00ab\u00a0Mais, au sein de la maison M\u00e9lenchon, Robespierre est \u00e0 la fois une r\u00e9f\u00e9rence et un bloc. Pas question d&rsquo;\u00e9corner l&rsquo;idole, ne serait-ce qu&rsquo;au nom de la la\u00efcit\u00e9 ou de la d\u00e9fense des droits du citoyen\u00a0\u00bb. M\u00e9lenchon voit-il chez Robespierre ce qu&rsquo;il n&rsquo;arrive pas \u00e0 exprimer lui-m\u00eame ? La distance entre les deux hommes montre l&rsquo;usage qu&rsquo;il fait de l&rsquo;Histoire. Elle est utilis\u00e9e comme source d&rsquo;inspiration pour cr\u00e9er un r\u00e9cit qui va au-del\u00e0 des limites du r\u00e9el. Mais peut-on r\u00e9ellement comparer un tribun moderne, m\u00e9diatique, \u00e0 celui que l&rsquo;Histoire a fig\u00e9 dans la figure implacable de la R\u00e9volution ? La question reste ouverte.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 57-59)<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0La R\u00e9publique, c&rsquo;est moi.\u00a0\u00bb<\/em> Une formule qui d\u00e9passe l&rsquo;institution, la devance. Ici, le chef ne se contente pas de repr\u00e9senter la nation : il s&rsquo;y confond. L&rsquo;autorit\u00e9 glisse alors vers le personnel presque, dirais-je, monarchique. C&rsquo;est une d\u00e9claration o\u00f9 \u00e9merge le phallus symbolique. M\u00e9lenchon se revendique comme d\u00e9tenteur d&rsquo;un pouvoir qui existe au-del\u00e0 du cadre institutionnel. Il revendique directement la position phallique, celle du <em>\u00ab\u00a0p\u00e8re symbolique\u00a0\u00bb<\/em>. celui qui impose la loi. Il refuse la castration symbolique, c&rsquo;est-\u00e0-dire, \u00eatre soumis \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de la R\u00e9publique. Dans cette sc\u00e8ne, il r\u00e9it\u00e8re : <em>\u00ab\u00a0Monsieur, ne me touchez pas\u00a0\u00bb<\/em>. Une phrase qui, en elle-m\u00eame, pourrait effectivement r\u00e9sumer l&rsquo;homme politique: <em>\u00ab\u00a0Ne me touchez pas ! Vous n&rsquo;avez pas le droit de me toucher ! Personne ne me touche, ma personne est sacr\u00e9e. Je suis parlementaire. Pour cous convaincre&#8230; C&rsquo;est moi, M\u00e9lenchon, avec mon \u00e9charpe tricolore&#8230;\u00a0\u00bb Elle semble condenser un refus de soumission, une d\u00e9fense farouche de son int\u00e9grit\u00e9 et de son espace symbolique. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0ne me touchez pas\u00a0\u00bb sugg\u00e8re un interdit qui rappelle le c\u00e9l\u00e8bre <\/em>\u00ab\u00a0Noli me tangere\u00a0\u00bb. La parole du Christ ressuscit\u00e9 \u00e0 Marie-Madeleine, pr\u00e9sente dans l&rsquo;\u00c9vangile de Jean, marque la limite du divin et de l&rsquo;humain. Chez M\u00e9lenchon, cette phrase semble se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la crainte de la \u00ab\u00a0<em>violation<\/em>\u00ab\u00a0. Il se place dans une posture de puret\u00e9 intouchable, d&rsquo;une autorit\u00e9 qui ne peut \u00eatre d\u00e9fi\u00e9e ni approch\u00e9e. Plus qu&rsquo;une simple d\u00e9fense physique, le geste est le symbole d&rsquo;un pouvoir qui se veut absolu et pr\u00e9serv\u00e9 de toute atteinte, \u00e0 l&rsquo;instar du corps sacr\u00e9 du Christ. Cette sacralit\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement dans le langage. Lorsque la journaliste V\u00e9ronique Gaurel tente d&rsquo;interroger M\u00e9lenchon sur une pr\u00e9tendue <em>\u00ab\u00a0d\u00e9cadence de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb<\/em> concernant Marine Le Pen et Fran\u00e7ois Fillon, il r\u00e9pond, visiblement agac\u00e9 : <em>\u00ab\u00a0Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Vous dites n&rsquo;importe quoi. Quelqu&rsquo;un a une question formul\u00e9e en fran\u00e7ais et un peu plus compr\u00e9hensible ? Car moi, votre niveau me d\u00e9passe, je n&rsquo;y comprends rien.\u00a0\u00bb<\/em> Cette remarque semble vouloir exclure l&rsquo;autre du champ de la l\u00e9gitimit\u00e9 discursive, \u00e9voquer une sorte de \u00ab\u00a0<em>Noli me tangere\u00a0\u00bb<\/em> verbal. Comme si l&rsquo;espace symbolique de M\u00e9lenchon, son Moi sacralis\u00e9, ne pouvait \u00eatre touche par une parole qu&rsquo;il juge \u00ab\u00a0<em>indigne<\/em>\u00ab\u00a0. Le rejet de l&rsquo;accent de la journaliste et de la question, est ici une mani\u00e8re de pr\u00e9server une distance et d&rsquo;interdire toute atteinte \u00e0 ce qu&rsquo;il consid\u00e8re comme son autorit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>(p. 108-109)<\/p>\n<blockquote><p>Je m&rsquo;efforce d&rsquo;imaginer LFI atteignant son objectif. Une fois les \u00ab\u00a0puissants\u00a0\u00bb \u00e9cart\u00e9s, une fois le pouvoir pris, quelle forme prendrait le projet politique de Jean-Luc M\u00e9lenchon ? Quel r\u00e9cit viendrait combler le vide laiss\u00e9 par l&rsquo;ennemi commun, cet oppresseur point\u00e9 du doigt, dont l&rsquo;existence a soud\u00e9 l&rsquo;\u00e9lan collectif ? Une dynamique fond\u00e9e sur l&rsquo;identification d&rsquo;un adversaire s&rsquo;alimente de la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9signer sans cesse une nouvelle cible, au risque de se heurter \u00e0 son propre \u00e9puisement. Donc, si M\u00e9lenchon parvenait \u00e0 ses fins, quels r\u00e9cits, quels corps, viendraient combler ce besoin d&rsquo;opposition ? Dans sa version manich\u00e9enne la politique a besoin de figures qui structurent et des opposants qui donnent du relief. Sans cette tension, que reste-t&rsquo;il du combat ? Encore une fois, l&rsquo;Histoire sera le th\u00e9\u00e2tre de cette tension non r\u00e9solue qui d\u00e9marre avec un r\u00eave de fraternit\u00e9 pour s&rsquo;enraciner dans la r\u00e9alit\u00e9 du commandement. Si le secr\u00e9taire du Parti socialiste plaide pour un \u00ab\u00a0candidat commun de la gauche et des \u00e9cologistes\u00a0\u00bb en 2027, certains, comme Alexis Corbi\u00e8re, se montrent plus sceptiques. La victoire appelle une autre forme de l\u00e9gitimit\u00e9. Travailler pour une union nationale, ou au moins pour un projet capable de rassembler le plus largement possible. Dans ce cas, un virage narratif lucide est demand\u00e9 au vainqueur. Comment y parvenir, telle est la t\u00e2che qui s&rsquo;impose : f\u00e9d\u00e9rer au-del\u00e0 de son socle \u00e9lectoral, alors que ce dernier s&rsquo;est construit sur une critique des institutions et des \u00e9lites. Les insurrections populaires contre un \u00ab\u00a0ennemi\u00a0\u00bb commun ne garantissent pas toujours une prise de pouvoir stable. L&rsquo;Histoire abonde en exemples de leaders charismatiques qui, une fois au pouvoir, peinent \u00e0 affirmer leur projet. L&rsquo;exemple de Robespierre illustre cette difficult\u00e9. Figure r\u00e9volutionnaire, il portait un projet collectif avant de sombrer dans l&rsquo;exercice et l&rsquo;exc\u00e8s du pouvoir, comme l&rsquo;un des visages de la Terreur. Puis en Gr\u00e8ce de nos jours, Al\u00e9xis Tsipras a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d&rsquo;avoir \u00ab\u00a0trahi la grande majorit\u00e9 du peuple grec\u00a0\u00bb apr\u00e8s avoir fait des compromis avec des institutions europ\u00e9ennes qu&rsquo;il avait pourtant d\u00e9nonc\u00e9es.<\/p>\n<p>Une nouvelle \u00e9tape devrais s&rsquo;ouvrir pour laisser la place \u00e0 l&rsquo;art du compromis et de la conciliation. Dans cette dialectique, le <em>\u00ab\u00a0p\u00e8re r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb<\/em> peut-il devenir l&rsquo;incarnation de la loi sans trahir les valeurs qui l&rsquo;on port\u00e9 au pouvoir ? Ici repose le paradoxe.<\/p><\/blockquote>\n<h2>Quatri\u00e8me de couverture<\/h2>\n<p class=\"a-expander-content a-expander-partial-collapse-content\" data-expanded=\"false\">\u00c0 l\u2019aune des discours, postures, apparitions m\u00e9diatiques et \u00e9crits de Jean-Luc M\u00e9lenchon, Gianpaolo Furgiuele questionne le parcours de cette personnalit\u00e9 politique singuli\u00e8re en s\u2019appuyant sur les outils de la psychanalyse et des sciences humaines et sociales.<\/p>\n<div class=\"a-expander-content a-expander-partial-collapse-content\" data-expanded=\"false\">Explorant son d\u00e9racinement, son socialisme, son ambition strat\u00e9gique, il met en lumi\u00e8re l\u2019\u00e9rudition, l\u2019art de la provocation et l\u2019impact de la r\u00e9ception publique nourrie par le mythe que Jean-Luc M\u00e9lenchon s\u2019attache lui-m\u00eame \u00e0 construire.<br \/>\nSe dessine progressivement le portrait d\u2019un homme complexe et charismatique, discret sur sa vie priv\u00e9e, insoumis et radical, pouss\u00e9 par des convictions que lui-m\u00eame qualifie de \u00ab <span class=\"a-text-italic\">dures, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e2pres<\/span> \u00bb, comme il le confie au journaliste Marc-Olivier Fogiel.<\/div>\n<div data-expanded=\"false\"><\/div>\n<div data-expanded=\"false\">Gianpaolo Furgiele est psychanalyste, sexologue et auteur d&rsquo;une th\u00e8se \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris Nanterre. Il est aussi l&rsquo;auteur de plusieurs ouvrages dont les plus r\u00e9cents sont \u00ab\u00a0Les Auteurs maudits et la mal\u00e9diction litt\u00e9raire\u00a0\u00bb (Armand Collin, 2023) et \u00ab\u00a0Sexophobie, Chroniques d&rsquo;une sexualit\u00e9 en crise (Laborintus, 2024).<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le livre \u00ab\u00a0La meute\u00a0\u00bb donne quelques indications possibles sur les traits de personnalit\u00e9 de Jean-Luc M\u00e9lenchon. Les auteurs sont deux journalistes. Celui-ci, \u00e9crit par un psychanalyste, est enti\u00e8rement ne traite que cet aspect du personnage. 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